Le danseur des ruines – Poème de Michel Ménaché

Danseur des ruinesAhmad Joudeh dansant sur les ruines de Palmyre, en Syrie
– Image du documentaire Dance or die, 2016 –

Le danseur des ruines

à Maram al-Masri,

« Danse ou meurs »
Ahmad Joudeh

 « Il faut porter du chaos en soi pour accoucher d’une étoile qui danse. »
Friedrich Nietzsche

 

La peur au ventre
la tête haute
il s’élance dans le camp de Yarmouk
contemple Damas dévastée
les pierres saignent le béton s’effondre
il défie la pesanteur
et les bombes
il ignore les snipers tapis dans l’ombre
Homs agonise
Alep subit depuis des mois les outrages
des fous de Dieu
la rage des mercenaires & des avions
d’Al Assad Lire la suite…

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Houriah (حرية) – Poème de Maram al-Masri

Houriah

La présentatrice trop maquillée
demande à l’enfant accroupi :
Qui est cette femme allongée dans son sang
près de toi ?
L’enfant répond :
Ma mère.

La présentatrice de la télévision regarde la caméra
en souriant Lire la suite…

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Veteran Of The Psychic Wars – Chanson de Blue Öyster Cult

Veteran of the Psychic Wars - Métal hurlant
Image extraite du film d’animation Métal hurlant, 1981

 

Veteran Of The Psychic Wars

 

You see me now a veteran of a thousand psychic wars
I’ve been living on the edge so long
Where the winds of limbo roar
And I’m young enough to look at
And far too old to see
All the scars are on the inside
I’m not sure if there’s anything left of me

Don’t let these shakes go on
It’s time we had a break from it
It’s time we had some leave
We’ve been living in the flames
We’ve been eating up our brains
Oh please, don’t let these shakes go on

You ask me why I’m weary, why I can’t speak to you
You blame me for my silence
Say it’s time I changed and grew
But the war’s still going on dear
And there’s no end that I know
And I can’t say if we’re ever…
I can’t say if we’re ever gonna to be free

Don’t let these shakes go on
It’s time we had a break from it
It’s time we had some leave
We’ve been living in the flames
We’ve been eating out our brains
Oh please, don’t let these shakes go on

You see me now a veteran of a thousand psychic wars
My energy’s spent at last
And my armor is destroyed
I have used up all my weapons and I’m helpless and bereaved
Wounds are all I’m made of
Did I hear you say that this is victory ?

Don’t let these shakes go on
It’s time we had a break from it
Send me to the rear
Where the tides of madness swell
And been sliding into hell
Oh please, don’t let these shakes go on
Don’t let these shakes go on
Don’t let these shakes go on

 

Blue Öyster Cult &, in l’album Fire Of Unknown Origin, Columbia Records, 1981.
Chanson co-écrite avec l’auteur de science-fiction Michael Moorcock.

 

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La Chair de l’Acier – Poème de Jean Le Roy

J’ai découvert le poète Jean Le Roy (1894-1918) grâce au travail d’une association de passionnés d’histoire : Les Amis de Louis Le Guennec. Ces derniers ont remis en lumière ce poète quimpérois oublié en re-publiant cette année ses œuvres dans l’ouvrage « Jean Le Roy, de Quimper aux tranchées. Itinéraire d’un poète oublié. »

Ce breton qui côtoie Cocteau, Apollinaire, Havet, Pach, est fauché au combat en 1918.

La Chair de l’Acier

 

Quand nous sentions nos muscles élastiques
soulevés de plaisir
à marcher sur les trottoirs lisses de Paris,
ou l’été, quand nous nous réjouissions dans l’eau
et quand nous laissions cuire
sur le sable notre peau,
au temps où les membres semblaient
malgré le poids des voûtes bleues, légers,
nous ne connaissions pas encore
la valeur, la fragilité
de la matière dont est bâti notre corps. Lire la suite…

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Lorsque les nazis sont venus… – Poème de Martin Niemöller

Ce poème est attribué à un allemand résistant au nazisme : Martin Niemöller (1892-1984). Militant pacifiste, il ne cessera de prêcher la raison contre l’horreur fasciste.

 

Als die Nazis die Kommunisten holten,
habe ich geschwiegen,
ich war ja kein Kommunist.

Als sie die Sozialdemokraten einsperrten,
habe ich geschwiegen,
ich war ja kein Sozialdemokrat.

Als sie die Gewerkschafter holten,
habe ich geschwiegen,
ich war ja kein Gewerkschafter.

Als sie mich holten,
gab es keinen mehr,
der protestieren konnte.

Martin Niemöller, in « Als die Nazis die Kommunisten holten… », Martin Niemöller Stiftung, 22 septembre 2005. Lire la suite…

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La résistance des chairs à canon

En clin d’œil à Jean-Louis avec qui nous parlions récemment des différentes formes de résistance en temps de guerre, ce poème que j’avais écrit il y a quelques années :

 

LA RÉSISTANCE DES CHAIRS À CANON

 

Retranchés dans leurs caveaux de terre
les poilus attendent,
s’ennuient,
espèrent…

Résistant à l’horreur,
ils détournent les engins de mort
en œuvres d’art :
Vénus d’obus,
gravures sur douille,
flûtes au fusil.*

Enfermés dans les viscères
du sol qui absorbera leur sang,
ils graffent les creutes
et sculptent à fleur de roche
les lumières de leur existence en sursis.

 

Guillaume Riou

 

La résistance des chairs à canonDouille gravée

(Première Guerre Mondiale)
© Paris – Musée de l’Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Emile Cambier

 

* En complément, voyez cet article intitulé La musique au fusil.

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Je t’adore mon Lou – Poème de Guillaume Apollinaire

Dans ses Poèmes à Lou, Guillaume Apollinaire met en vers son amour pour Louise de Coligny-Châtillon. Immergé en tant que soldat au cœur de la Grande Guerre, le poète exprime à travers le sentiment d’amour ses espoirs, ses peurs, ses doutes et ses fantasmes. D’une certaine façon, on peut penser qu’il trouve par l’écriture la force de résister à l’horreur.
Les mots sont forts et les métaphores souvent crues, à l’image du contexte terrifiant de guerre où ils ont été écrits.

Voici mon poème à Lou préféré :

 

Je t’adore mon Lou et par moi tout t’adore
Les chevaux que je vois s’ébrouer aux abords
L’appareil des monuments latins qui me contemplent
Les artilleurs vigoureux qui dans leur caserne rentrent
Le soleil qui descend lentement devant moi
Les fantassins bleu pâle qui partent pour le front pensent à toi.
Car, ô ma chevelure de feu, tu es la torche
Qui m’éclaire ce monde et, flamme, tu es ma force Lire la suite…

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