Îles imaginaires – Poème de Jacqueline Held

J’ai lu dernièrement un recueil intitulé « Cartographie ».  J’ai été sensible au poème : « Îles imaginaires ». Et un second a éveillé ma curiosité : « Disque arabe d’Al Istakri ».

J’ai découvert ensuite que Jacqueline Held est une auteure de littérature pour la jeunesse et j’ai compris l’origine de la force de son poème.
Ses souvenirs d’enfance ont fait ressurgir les miens.

 

Îles imaginaires

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A un gato (À un chat) – Poème de Jorge Luis Borges

A UN GATO

 

No son más silenciosos los espejos
ni más furtiva el alba aventurera;
eres, bajo la luna, esa pantera
que nos es dado divisar de lejos.
Por obra indescifrable de un decreto
divino, te buscamos vanamente;
más remoto que el Ganges y el poniente,
tuya es la soledad, tuyo el secreto.
Tu lomo condesciende a la morosa
caricia de mi mano. Has admitido,
desde esa eternidad que ya es olvido,
el amor de la mano recelosa.
En otro tiempo estás. Eres el dueño
de un ámbito cerrado como un sueño.

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Машинистке на приобретение пелеринки (À une dactylo à l’occasion de l’achat de sa pèlerine) – Poème de Nikolaï Oleïnikov

МАШИНИСТКЕ НА ПРИОБРЕТЕНИЕ
ПЕЛЕРИНКИ

 

Ты надела пелеринку,
Я приветствую тебя !
Стуком пишущей машинки
Покорила ты меня.

Покорила ручкой белой,
Ножкой круглою своей,
Перепискою умелой
Содержательных статей.

Среди грохота и стука
В переписочном бюро
Уловил я силу звука
Ремингтона твоего.

Этот звук теперь я слышу
Днем и ночью круглый год, –
Когда град стучит по крыше,
Когда сверху дождик льет,

Когда птичка распевает
Среди веток за окном,
Когда чайник закипает
И когда грохочет гром.

Пусть под вашей пелеринкой,
В этом подлинном раю,
Застучит сильней машинки
Ваше сердце в честь мою.

[1929]

Nikolaï Oleïnikov (1898-1937), in Un poète fusillé : vers choisis, Ed. Gallimard, Coll. Du monde entier, 2016 Lire la suite…

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Letter from Koblenz (Lettre de Coblence) – Poème de Kenneth White

LETTER FROM KOBLENZ

 

In memoriam Ausonius, latin poet, resident in
4th century Bordeaux (Burdigalia) who made a trip
to Koblenz (Confluentes) and thereafter wrote the
long river-poem Mosella.

 

Here in this confluential town
at the junction of the Rhine and the Moselle
a chill rain running
down the window of the Europa Hotel
I’m reading that old Ausonian poem :
« I had just traversed the Nava
fast-moving through its fog
then iter ingrediens solum
commenced a lonely road… » Lire la suite…

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In sich versunken (Penchée sur soi) – Poème d’Hannah Arendt

 

In sich versunken

 

Wenn ich meine Hand betrachte
— Fremdes Ding mit mir verwandt —
Stehe ich in keinem Land,
Bin an kein Hier und Jetzt
Bin an kein Was gesetzt.

Dann ist mir als sollte ich die Welt verachten,
Mag doch ruhig die Zeit vergehen,
Nur sollen keine Zeichen mehr geschehen. Lire la suite…

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Soies – Poème d’Hubert Nyssen

SOIES

 

 

Je te supplie, déploie ce soir
toutes tes soies, des plus palpables
aux plus secrètes, des plus souples
à celles, un rien râpeuses et pareilles
aux petits vins que tu préfères,
lève ces soies comme tu lèverais
le soupçon du délire, lève-les
pour mon plaisir de cartographe Lire la suite…

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La dent de Jaman – Poème d’André Pieyre de Mandiargues

à  Y. B.

Le ciel rit bleu comme un ossement
Le jour est très vieux
Ce matin
Mais la jeune Dent de Jaman
Follement s’échevèle
Entre ses sœurs coiffées de neige
Blancheurs allant
Valser peut-être au soir du monde. Lire la suite…

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Der König in Thule (Le roi de Thulé) – Poème de Johann Wolfgang von Goethe

 

DER KÖNIG IN THULE

 

Es war ein König in Thule,
Gar treu bis an das Grab,
Dem sterbend seine Buhle
Einen goldnen Becher gab.

Es ging ihm nichts darüber,
Er leert’ ihn jeden Schmaus;
Die Augen gingen ihm über,
So oft er trank daraus.

Und als er kam zu sterben,
Zählt’ er seine Städt’ im Reich,
Gönnt’ alles seinen Erben,
Den Becher nicht zugleich. Lire la suite…

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Banian de Madras – Poème de Jean Orizet

BANIAN DE MADRAS

 

À Madras, dans le parc de la Société théosophique, se dresse un banian : il est censé être le plus vieux du monde. Son immobilité n’est qu’apparente; siècle après siècle il se déplace en se multipliant selon un cycle végétatif qui s’exerce de bas en haut comme de haut en bas : les racines, jaillissant vers la lumière, deviennent troncs, branches, et celles-ci, redescendant vers le sol pour y pénétrer, s’y font racines à leur tour, lesquelles engendreront d’autres troncs, d’autres branches aussi. Des fûts se dressent, s’entrecroisent et l’arbre, doucement, forge sa propre cage dont il est à la fois l’otage et le gardien ; mais jamais celle-ci ne pourra l’enfermer puisqu’il saura bientôt créer une autre cage. Lire la suite…

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Eating poetry (Manger de la poésie) – Poème de Mark Strand

C’est avec ce poème, trouvé au hasard feuilleté d’un numéro de la revue Europe, que j’ai découvert le poète américain Mark Strand (1934-2014) et son œuvre.

Un poème réunissant la poésie, une bibliothèque et une bibliothécaire ne pouvait que retenir mon attention. Et il s’est avéré, en outre, aussi amusant qu’étrange.

 

EATING POETRY

 

Ink runs from the corners of my mouth.
There is no happiness like mine.
I have been eating poetry.

The librarian does not believe what she sees.
Her eyes are sad
and she walks with her hands in her dress.

The poems are gone.
The light is dim.
The dogs are on the basement stairs and coming up. Lire la suite…

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