Eating poetry (Manger de la poésie) – Poème de Mark Strand

C’est avec ce poème, trouvé au hasard feuilleté d’un numéro de la revue Europe, que j’ai découvert le poète américain Mark Strand (1934-2014) et son œuvre.

Un poème réunissant la poésie, une bibliothèque et une bibliothécaire ne pouvait que retenir mon attention. Et il s’est avéré, en outre, aussi amusant qu’étrange.

 

EATING POETRY

 

Ink runs from the corners of my mouth.
There is no happiness like mine.
I have been eating poetry.

The librarian does not believe what she sees.
Her eyes are sad
and she walks with her hands in her dress.

The poems are gone.
The light is dim.
The dogs are on the basement stairs and coming up. Lire la suite…

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La légende du Kerdeck – Poème de Jean-Louis Dubut de Laforest

La légende du Kerdeck

 

C’est fête patronale au Kerdeck, en Bretagne,
Ivon roi des binious, Ivon jeune et charmant,
Mène le bal, et gai comme un appel d’amant
Le biniou fait vibrer la grève et la montagne.

Seul, Ivon chante encor, vers le soleil mourant :
Plus doux est son refrain, plus noire est la campagne !
L’homme tremble d’amour, quand du flot qui le gagne,
Une femme s’élance et des bras l’entourant : Lire la suite…

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Jardin d’enfants – Poème de Georges Haldas

Georges Haldas est un des poètes que je lis et relis régulièrement car ses poèmes font évoluer mon regard sur la vie, sur le temps et sur l’autre.
Il fige et sublime l’instant, avec une poésie fine et une philosophie profonde.

JARDIN D’ENFANTS

 

Ici l’enfant regarde
un oiseau bien tranquille
dévorer dans les branches
un ver qui tremble encore
Un papillon s’en va
couvert d’or C’est dimanche
Sur un banc deux vieillards
bouche ouverte somnolent Lire la suite…

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Maroc qu’on aime – Poème de Mohamed Aouragh

MAROC QU’ON AIME

 

Le Maroc qu’on aime
Le Maroc des mordus du clavier
Mobilisateurs du 20 février*
Internautes avertis frustrés
Assoiffés de justice de dignité
Les perpétuels révoltés
Les enragés de vérité
Longtemps stigmatisés
Écartés rejetés diabolisés… Lire la suite…

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Enivrez-vous – Poème de Charles Baudelaire

ENIVREZ-VOUS

 

Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous. Lire la suite…

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Chant IV de « L’identité obscure » – Poème de Jacques Ancet

Mon recueil favori de Jacques Ancet est « L’identité obscure », paru en 2009 aux éditions Lettres vives.
Chacun des chants qui le composent est comme un long souffle révélateur. On y redécouvre le monde au prisme du regard de l’auteur : des éclats, des ralentis, des angles. Ses mots s’enchaînent et imposent un rythme qui fait écho au flux incessant et insaisissable du temps. Chaque chant recèle sa part de vibrations et de brûlures.

Un recueil à lire et à relire, en se laissant guider par le fil d’Ariane du poète.

 

CHANT IV

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Étranges étrangers – Poème de Jacques Prévert

étranges étrangersMariam’ – Photographie par Alexis Peskine

 

Étranges étrangers

 

Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel
hommes des pays loin
cobayes des colonies
Doux petits musiciens
soleils adolescents de la porte d’Italie
Boumians¹ de la porte de Saint-Ouen
Apatrides d’Aubervilliers
brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris
ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied
au beau milieu des rues
Tunisiens de Grenelle
embauchés débauchés
manœuvres désœuvrés
Polacks du Marais du Temple des Rosiers Lire la suite…

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Awen ou le faiseur de lumière – Poème de Jean-Louis Gault

Il n’y a en nous rien qui soit inacceptable,
sinon le jugement maladroit
que nous portons sur notre nature
et le geste de ne pas oser l’amour.
L’amour ne connaît de limites
que notre peur et notre égoïsme.
Fasse que nous puissions être
éternellement enfants
pour que s’élargisse enfin
la porte lumineuse donnant sur l’univers. Lire la suite…

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Les jardins de Colone – Extrait de la tragédie « Œdipe à Colone » par Sophocle

Les jardins de Colone

 

LE CHŒUR. Étranger, tu es dans une contrée célèbre par ses coursiers, dans le plus beau séjour de ce pays, tu es sur le sol du blanc Colone. Ici de nombreux rossignols font entendre leurs plaintes mélodieuses dans des vallons toujours verts, sous l’ombrage du lierre noirâtre, et dans ces bois sacrés, inaccessibles, impénétrables au jour, où les arbres chargés de fruits sont respectés des orages, et où, dans ses joyeux transports, Bacchus aime à errer au milieu du cortège de ses divines nourrices. Chaque jour la rosée du ciel y fait fleurir le narcisse aux belles grappes, et le safran doré, couronne antique des deux grandes déesses. La source du Céphise y verse à flots pressés une onde qui ne dort jamais; et sans cesse son eau limpide court à travers la plaine et féconde au loin les campagnes. Ni les chœurs des Muses, ni Vénus aux rênes d’or ne dédaignent ces lieux. Là croît un arbre que n’a jamais produit l’Asie, ni la grande île de Pélops, habitée par les Doriens, un arbre qui vient de lui-même, sans culture, l’effroi des lances ennemies et qui fleurit à une très grande hauteur dans ce pays; l’olivier à la feuille bleuâtre qui ombrage le berceau de l’enfance, élève dans cette contrée ses rameaux vigoureux. Les chefs ennemis, jeunes ou vieux, ne pourront jamais l’arracher ni le détruire; Zeus Morios et Athéna aux yeux bleus veillent sans cesse sur leur arbre chéri.

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