Îles imaginaires – Poème de Jacqueline Held

J’ai lu dernièrement un recueil intitulé « Cartographie ».  J’ai été sensible au poème : « Îles imaginaires ». Et un second a éveillé ma curiosité : « Disque arabe d’Al Istakri ».

J’ai découvert ensuite que Jacqueline Held est une auteure de littérature pour la jeunesse et j’ai compris l’origine de la force de son poème.
Ses souvenirs d’enfance ont fait ressurgir les miens.

 

Îles imaginaires

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I fought the law – Chanson de Sonny Curtis revisitée par The Clash

I fought the law

I FOUGHT THE LAW

Breaking rocks in the hot sun
I fought the law and the law won
I fought the law and the law won
I needed money ’cause I had none
I fought the law and the law won
I fought the law and the law won
I left my baby and it feels so bad
Guess my race is run
She’s the best girl that I ever had
I fought the law and the law won
I fought the law and the

Robbing people with a six-gun*
I fought the law and the law won
I fought the law and the law won
I lost my girl and I lost my fun
I fought the law and the law won
I fought the law and the law won

I left my baby and it feels so bad
Guess my race is run
She’s the best girl that I ever had
I fought the law and the law won
I fought the law and the

I fought the law and the law won
I fought the law and the law won
I fought the law and the law won
I fought the law and the law won
I fought the law and the law won
I fought the law and the law won
I fought the law and the law won
I fought the law and the

 

The Clash, in l’abum The Clash, CBS Records, 1979.
Paroles de la chanson de Sonny Curtis, enregistrée avec The Crickets en 1959.

* Dans le texte d’origine, Sonny Curtis avait écrit « zip gun ». Ce qui correspondait à une arme à feu bricolée, « improvisée ».
La version suivante reprise par le groupe Texan The Bobby Fuller Four, en 1966, emploie le terme « six-gun » qui correspond à un révolver (six-coups). Version qui a vraisemblablement séduit The Clash.

 

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A un gato (À un chat) – Poème de Jorge Luis Borges

A UN GATO

 

No son más silenciosos los espejos
ni más furtiva el alba aventurera;
eres, bajo la luna, esa pantera
que nos es dado divisar de lejos.
Por obra indescifrable de un decreto
divino, te buscamos vanamente;
más remoto que el Ganges y el poniente,
tuya es la soledad, tuyo el secreto.
Tu lomo condesciende a la morosa
caricia de mi mano. Has admitido,
desde esa eternidad que ya es olvido,
el amor de la mano recelosa.
En otro tiempo estás. Eres el dueño
de un ámbito cerrado como un sueño.

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Машинистке на приобретение пелеринки (À une dactylo à l’occasion de l’achat de sa pèlerine) – Poème de Nikolaï Oleïnikov

МАШИНИСТКЕ НА ПРИОБРЕТЕНИЕ
ПЕЛЕРИНКИ

 

Ты надела пелеринку,
Я приветствую тебя !
Стуком пишущей машинки
Покорила ты меня.

Покорила ручкой белой,
Ножкой круглою своей,
Перепискою умелой
Содержательных статей.

Среди грохота и стука
В переписочном бюро
Уловил я силу звука
Ремингтона твоего.

Этот звук теперь я слышу
Днем и ночью круглый год, –
Когда град стучит по крыше,
Когда сверху дождик льет,

Когда птичка распевает
Среди веток за окном,
Когда чайник закипает
И когда грохочет гром.

Пусть под вашей пелеринкой,
В этом подлинном раю,
Застучит сильней машинки
Ваше сердце в честь мою.

[1929]

Nikolaï Oleïnikov (1898-1937), in Un poète fusillé : vers choisis, Ed. Gallimard, Coll. Du monde entier, 2016 Lire la suite…

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Mad world – Chanson de Tears For Fears

Mad worldLe désespéré – Peinture de Gustave Courbet, huile-sur-toile, 1843

 

MAD WORLD

 

All around me are familiar faces
Worn out places
Worn out faces

Bright and early for their daily races
Going nowhere
Going nowhere

Their tears are filling up their glasses
No expression
No expression

Hide my head I want to drown my sorrow
No tomorrow
No tomorrow

And I find it kind of funny
I find it kind of sad
The dreams in which I’m dying are the best I’ve ever had

I find it hard to tell you
‘Cos I find it hard to take
When people run in circles it’s a very, very
Mad world
Mad world
Mad world
Mad world

Children waiting for the day they feel good
Happy birthday
Happy birthday

Made to feel the way that every child should
Sit and listen
Sit and listen

Went to school and I was very nervous
No-one knew me
No-one knew me

Now teacher tell me what’s my lesson
Look right through me
Look right through me

And I find it kind of funny
I find it kind of sad
The dreams in which I’m dying are the best I’ve ever had

I find it hard to tell you
‘Cos I find it hard to take
When people run in circles it’s a very, very
Mad world
Mad world
Mad world
Mad world

And I find it kind of funny
I find it kind of sad
The dreams in which I’m dying are the best I’ve ever had

I find it hard to tell you
‘Cos I find it hard to take
When people run in circles it’s a very, very
Mad world
Mad world
Halogeon world
Mad world

 

Tears For Fears, in l’album The Hurting, Fontana, 1983.
Texte de Roland Orzabal, présent sur le livret de l’album.

 

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Coquillages et caleçon de bain – Farces poétiques de Pierre Desproges

Fervent amateur de littérature, Pierre Desproges (1939-1988) maniait le verbe avec talent, au service du comique et du cinglant.
Il savait aussi s’en moquer.

coquillages caleçon de bain(Source de l’image)

J’ai retrouvé sur le site de l’Ina deux intermèdes d’une émission d’Antenne 2 diffusée en 1979 : « Sacha Distel à Monte-Carlo » . On y découvre, au large des côtes, un bateau de plaisance sur lequel Desproges porte en dérision la poésie et les poètes.
Sous ses airs de touriste nonchalant, il drape dans ses rimes maladroites et ses poncifs une satire du poète vertueux qui se prend au sérieux.

La poésie a trouvé là un moqueur à sa mesure.

LES COQUILLAGES

 

Ah, j’aime bien pêcher les moules et les rascasses !
On en trouve parfois en cherchant dans la mer.
Alors qu’en montagne, il y en a pas des masses.
Voit-on sur le Mont-Blanc des moules marinières ? Lire la suite…

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Letter from Koblenz (Lettre de Coblence) – Poème de Kenneth White

LETTER FROM KOBLENZ

 

In memoriam Ausonius, latin poet, resident in
4th century Bordeaux (Burdigalia) who made a trip
to Koblenz (Confluentes) and thereafter wrote the
long river-poem Mosella.

 

Here in this confluential town
at the junction of the Rhine and the Moselle
a chill rain running
down the window of the Europa Hotel
I’m reading that old Ausonian poem :
« I had just traversed the Nava
fast-moving through its fog
then iter ingrediens solum
commenced a lonely road… » Lire la suite…

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In sich versunken (Penchée sur soi) – Poème d’Hannah Arendt

 

In sich versunken

 

Wenn ich meine Hand betrachte
— Fremdes Ding mit mir verwandt —
Stehe ich in keinem Land,
Bin an kein Hier und Jetzt
Bin an kein Was gesetzt.

Dann ist mir als sollte ich die Welt verachten,
Mag doch ruhig die Zeit vergehen,
Nur sollen keine Zeichen mehr geschehen. Lire la suite…

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L’être humain et le réverbère – Rap de ROCé

L'être humain et le réverbère

 

 

L’ÊTRE HUMAIN ET LE RÉVERBÈRE

 

 

L’être humain se déplace vite, mais ne se déplace plus
Il est juste pilier rigide dans les cités livides

Belle statue immobile, chahut inaudible sur solide raffut
Marque la rue comme un immense fossile

L’être humain de nuit attire loustics et déchets
Comme le réverbère attire les moustiques l’été

La lumière n’est pas lumière rêvée, plutôt blessée, éclaire les pieds
D’humains à la tête haute, à la casquette baissée

Si droits qu’il font effet pilier
Même quand ils s’adossent avec une des deux jambes pliée

Témoin du quartier, des rires et des douleurs
Et comme le réverbère, ils en pincent pour les chaînes et les scooters

Dandy à l’allure de bandit, proche des mioches qui grandissent
Ballon aux pattes, qui sur le réverbère rebondit

Donc il vibre comme un gosse à l’âge qui resplendit
Complice du tapage qui fait résonner la fonte comme cent cris

Le réverbère c’est l’ancien, des villes le témoin
Il a vu chaque couche sur HLM 10 fois repeint

Donc le point commun le vrai, c’est l’étroitesse du destin
Le monde est vaste mais on représente l’espace restreint

Dans la rue j’ai confondu l’être humain et le réverbère
Comme le réverbère il éclaire juste sa rue
Ne se déplace plus, il est juste pilier rigide
Dans les cités livides où la lumière ne passe plus

Dans la rue j’ai confondu l’être humain et le réverbère
Comme le réverbère il éclaire juste sa rue
Ne se déplace plus, il est juste pilier rigide
Dans les palais livides on la lumière ne passe plus

Les gens ne sont pas reconnaissants
Pissent sur les réverbères alors que la nuit ils lui demandent le fluorescent

Ne sont point reconnaissants
Ignorent l’humain indécent alors que la nuit ils lui quémandent le stupéfiant

L’être humain et le réverbère sont complices de l’ingratitude
D’où cette attitude, droits et fiers par habitude

La rue qu’ils surveillent de haut les rend droit pour l’altitude
Mais la tête penche vers le sol par lassitude

Pour L’être humain et le réverbère, l’univers s’arrête à quelques rues
Qu’ils connaissent dans l’affinité

De sa banalité à ses pires activités
L’hiver et son acidité, l’été et son aridité

La richesse n’invite pas au voyage. Les beaux quartiers,
Leur beauté, montrent un horizon tout aussi bétonné

Car l’habitude et la routine rendent l’humain statue
Loin des sables mouvants, proche d’une terre battue

Le propriétaire terrien fait du ciment son grain
Fait de la rue d’à côté, sa vie, sa racine, son bien

Donc le point commun le vrai, c’est l’étroitesse du destin
Le monde est vaste mais on représente l’espace restreint

Dans la rue j’ai confondu l’être humain et le réverbère
Comme le réverbère il éclaire juste sa rue
Ne se déplace plus, il est juste pilier rigide
Dans les cités livides où la lumière ne passe plus

Dans la rue j’ai confondu l’être humain et le réverbère
Comme le réverbère il éclaire juste sa rue
Ne se déplace plus, il est juste pilier rigide
Dans les palais livides on la lumière ne passe plus

 

ROCé, in l’album L’être humain et le réverbère, M2O Solutions/Big Cheese, 2010.
Texte présent sur le livret de l’album.

 


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Soies – Poème d’Hubert Nyssen

SOIES

 

 

Je te supplie, déploie ce soir
toutes tes soies, des plus palpables
aux plus secrètes, des plus souples
à celles, un rien râpeuses et pareilles
aux petits vins que tu préfères,
lève ces soies comme tu lèverais
le soupçon du délire, lève-les
pour mon plaisir de cartographe Lire la suite…

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