Enivrez-vous – Poème de Charles Baudelaire

ENIVREZ-VOUS

 

Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous. Lire la suite…

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The newspaper dead (Les morts des journaux) – Poème de Pierre Joris

THE NEWSPAPER DEAD. the paper picked up taken home, like going to church on sunday, long ago, as regular, as much of a rite. the double ritual of reading, of writing, take notes, see how it can enter, that world, your world, too. introïbo. no altar but what rolled off the presses, heavily inked. iconography of random death: if to pray is to give thought, intensely, then that is what I am doing right now unalienable format : too large to be cut out and glued into notebook : this dead will have to stay where it is, on the front page, tomorrow’s dustbin liner. this is a Reuters dead from Rome, young woman in heavy wintercoat, wool cap with studded rim pulled down to half-inch above eyebrows, face pressed three quarters towards me to the asphalt, ear to the ground as if listening for a distant tremor an approaching train a faroff revolution or simply for what the earth has to tell her. whatever it is, she can no longer hear it. Lire la suite…

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Changer la vie – Poème de Serge Baudot

CHANGER LA VIE

Il était d’une tristesse chronique à vivre dans cette forêt de béton mal contraint. Un jour, n’y tenant plus, il décida de réagir, de retrouver la nature. Mais hélas ! il n’en avait pas les moyens.

Alors sur son balcon il organisa une pelouse en nylon vert frais, plus belle que l’herbe originelle. Puis il installa de part et d’autre de la porte-fenêtre deux arbres en plastique d’essences exotiques. Lire la suite…

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Étreinte chromatique dans « Le ressac de l’espace » – Philippe Curval

La poésie et la science-fiction sont bien plus liées qu’on l’imagine. Lecteur de romans de science-fiction depuis longtemps, je m’étonne régulièrement des éclairs poétiques qui traversent cette littérature.

J’extrais ici un passage de : Le ressac de l’espace (un de mes romans de SF préférés), où l’auteur Philippe Curval nous entraine dans un délire chromatique.

Cette scène centrale du roman se situe dans la « cité ancienne de Paris », glauque et mal éclairée par des soleils artificiels. Elle décrit l’aboutissement, attendu par le lecteur, du jeu de séduction entre 2 des personnages principaux : Jacques Dureur et Laurence Dusarte.

Après une soirée bien arrosée dans un bar à vin de la rue Vaugirard, nos deux protagonistes ressentent l’étrange ivresse d’une boisson – le dhivago – qui amplifie la perception des couleurs et fait divaguer : Lire la suite…

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Congé

CONGÉ

 

L’eau claire du torrent caresse la roche polie, qui prend avec le temps l’apparence du cuir.
Plongeant de la Dent d’Oche, son tumulte masque les murmures de la forêt. Le feuillage dense tamise les rayons d’un lourd soleil estival.
La fraîcheur environnante, alliée aux parfums de la nature, enivre mes sens.
Et cette rare tranquillité ambiante offre à mon esprit l’opportunité de vagabonder de souvenirs plaisants en songes d’idéaux.

 

Guillaume Riou. Poème écrit à Bernex en août 1996.

 

Congé - Torrent de montagne

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