Cesare Pavese et la poésie

Le poète est passé
A travers l’océan fulgurant
De l’atmosphère de pierre et d’acier
De la ville nocturne.

Se brisant en éclats,
Rugissent le long des rues
Les forces inexorables,
Fleuves d’étoiles, gonflés,
Qui follement tourbillonnent.

Le poète traverse
Le vaste ciel nocturne
Et ses gestes sont amples comme ceux d’un lutteur. Lire la suite…

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Raymond Queneau et la poésie

Un poème

 

Bien placés bien choisis
quelques mots font une poésie
les mots il suffit qu’on les aime
pour écrire un poème
on ne sait pas toujours ce qu’on dit
lorsque naît la poésie
faut ensuite rechercher le thème
pour intituler le poème
mais d’autres fois on pleure on rit en écrivant la poésie
ça a toujours kékchose d’extrême
un poème. Lire la suite…

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Sculpture et poésie sur le Chemin idéal

Attroupés sous un duvet de nuages cléments, les spectateurs prennent place sur les pavés du Chemin idéal. Tranquillement, on se reconnaît, on se dévisage. Chacun s’imprègne des énergies qui émanent du parc.

Les poètes, certains en retard, d’autres distraits, font corps pour la photo.
L’ouvrage qui les rassemble ce soir est pointé du doigt par la balise et la girouette. Il arbore le dialogue des arts.

Fébriles d’excitation et d’inquiétude mêlées, les organisateurs cherchent leurs marques. Sous son chapeau estival, le visage de Léo, porteur du projet, s’anime de détermination. Il s’avance et inaugure le lancement du recueil « Sculpture & poésie ». Les mots sont justes, les remerciements sincères et partagés.

Le violoncelle de Magali Mouterde et le piano de Sylvain Vallet s’unissent ; la voix parfaitement placée du comédien Alain Carré sublime à nos oreilles bées les vers des poètes. Vingt auteurs des Savoie se sont laissés inspirer par les sculptures du Chemin idéal. Leur langage anime les matières,  les interprète. Leur verve caresse, cisèle, burine. L’art nourrit l’art.

Tous profitent de cette parenthèse poétique au creuset opalescent d’une nature apaisante.

La vigueur des applaudissements est à la mesure du plaisir. Puis les éclats tuilés et dorés du vin relient les individus comme autant d’astres dans l’Aire cosmologique.
Discrètes, les heures coulent et fusionnent au fourneau d’un magnifique soleil couchant. Nos regards s’y perdent et notre volonté de poursuivre les festivités s’affirme. Léo invite ceux qui le souhaitent à partager repas et discussions.

Heureux et ressourcé, chacun redescend de l’idéal pour reprendre son chemin.

 

Guillaume Riou. En souvenir de la soirée de lancement du livre « Sculpture & poésie sur le Chemin idéal » en date du 7 juin 2015.

 

Sculpture et poésie sur le Chemin idéal

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Lanza Del Vasto et la poésie

UNE DÉFINITION DE LA POÉSIE

 

 

Mes passions m’appartiennent, ne regardent que moi, ne doivent troubler que moi. Ce n’est pas pour les exprimer que j’écris, pour les exciter chez les autres ou pour les chérir en moi-même. C’est plutôt pour m’en défaire. C’est afin de les clarifier au filtre de la forme, de les prendre au filet des accords, de les calmer en beauté.

Pour que naisse une œuvre d’art il faut un choc, une émotion, un trouble c’est-à-dire un problème à résoudre, et il faut qu’une forme en résulte c’est-à-dire que le problème se résolve. Quand la forme apporte au trouble une réponse immédiate, pertinente et définitive, l’œuvre est belle. Elle suscitera chez autrui le même trouble et n’en suscitera pas plus qu’elle n’en peut apaiser. Lire la suite…

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Bains de mer – Poème de Pierre Caminade

BAINS DE MER

I

Juste au-dessus de l’eau, les sourcils, les pommettes, la bouche.
Toute lumière, l’eau recouvre le corps de nappes légères et les découvre. A l’air, la chair mouillée scintille, notes aiguës d’une flûte, ultimes tremblements des sons d’une cymbale.
Baignée, elle s’enlumine d’une huile topaze brûlée. Un vin muscat miroite dans le soleil. Le flux et le reflux, aussi mobiles que les éclats et les ombres que danse sur le sol un platane agité par le vent, dessinent sur la chair des feuilles qui se dorent et brunissent.

II

Elle va, nageant une brasse volontaire, scandée.
Elle se modèle sur une vision à vol d’oiseau qu’ils avaient eue ensemble au château d’If : un corps de femme et ses membres bronzés se ramassent sur eux-mêmes et se détendent sur un rythme égal, d’une manière mécanique et souple, dans une mer verte. La profondeur sensible pourtant se réduit au plan. La nageuse glisse lentement, image double du mouvement et de l’immobilité si parfaite, écrite au pochoir. Lire la suite…

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Sculpture & poésie sur le Chemin idéal – Lancement du livre le 7 juin 2015

Le livre « Sculpture & poésie sur le Chemin idéal » présente l’impressionnant jardin artistique de Léo Gantelet. Il réunit une série de poèmes inspirés par les 33 sculptures qui le composent.

J’ai l’honneur de faire partie des auteurs retenus pour la publication de cet ouvrage, avec plusieurs poètes de la région : Claire Bethmond, Geneviève Biffiger, Gaby Chavarin, Sylvie Domenjoud, Christine Doucet, Jocelyne Guaraldo, Solange Jeanberné, Mary Newcomer, Hélène Soris, Ornella Venturini, Bruno Arts, Gilbert Chatenoud, Bernard Corboz, Michel Dunand, Marcel Gaden, Romain Gantelet, Jacques Grouselle, François Guerraz, Daniel Lévy et Marcel Maillet.

Le dimanche 7 juin 2015, une soirée festive de lancement de ce livre clôturera la manifestation institutionnelle « Rendez-vous aux jardins ». À cette occasion, le comédien Alain Carré prêtera sa voix aux poètes dont les textes figurent dans l’ouvrage ; il sera accompagné au clavier par Sylvain Vallet et au violoncelle par Magali Mouterde.

Rendez-vous à 18h00 au 8 rue des Emognes à Seynod (74). Entrée 4€

sculpture et poésie sur le chemin idéal - seynod

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André Laude et la poésie

La poésie inadmissible

 

M’emmerdent Lamartine et Saint-John Perse, François Coppée et Paul Claudel, Valéry et André Laude. M’emmerdent les grands trafiqueurs qui filent la rime, le verset, le beau langage vérolé.
M’emmerde LA POÉSIE
Je bénis le ciel d’avoir gangrené la jambe d’Arthur de Charlestown, d’avoir déglingué le piano d’Isidore Ducasse, comte de Lautréamont, d’avoir foutu le feu dans les tripes de Gérald Neveu avec qui j’ai vécu quelques folles nuits là-bas à Marsilho. Je bénis le ciel d’avoir jeté Tristan Corbière sur un bateau de papier qui a été échoué par les pirates du cap des Trépassés. Lire la suite…

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Huelgoat. Le soir, au bord du lac – Poème de Charles Le Bras

En faisant du tri dans ses papiers, ma grand-mère a remis la main sur une série de vieux journaux. Parmi eux se trouvait un numéro du journal républicain Le Citoyen daté du jeudi 23 août 1923 (n°35), dans lequel j’ai eu le plaisir de découvrir un sonnet du breton carhaisien Charles Le Bras :

HUELGOAT
Le soir, au bord du lac

 

La pourpre des flots, où des saules chevelus
Se reflètent encor dans les clartés mourantes,
Se mue en rose et mauve aux teintes dégradantes,
Et les blancs nymphéas ne se voient déjà plus. Lire la suite…

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