Poème extrait de « Visions d’un jardin ordinaire » – Lucien Suel

Le cordeau raidi était la règle posée sur le cahier blanc du terrain propre et nu. Le fer de l’arbraquette a ligné la page invisible, dessiné l’espace de la cartographie horticole. Une théorie de canyons parallèles, des vallées aux pentes lisses et poussiéreuses, routes suivies par les fourmis du voyage. Les arroyos de cet Arizona potager seront très bientôt en crue. Le jardinier est là. Son arrosoir en tôle galvanisée se baisse lentement vers le petit vallon assoiffé. Une eau de pluie tiède sourd du bec verseur. Penché vers le terrain vierge, le jardinier contrôle le débit de l’arrosoir. La poussière se coagule au fond du wash (réf. Tony Hillerman). Deux fourmis emportées par le courant finissent par s’échouer sans dommages sur un des bords de la rigole. Le dieu de la pluie abandonne l’arrosoir dans l’allée, sème la salade dans le sillon boueux, recouvre tout ça. Fondu au noir. Lire la suite…

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L’Avre – Poème de Christophe Dauphin

L’Avre

 

L’air est en friche à l’entrée du bourg
Il fait beau sur les limites du monde

Mon enfance est un village normand
que découpent les ciseaux de la rivière
qui se vide de ses douleurs en vomissant la mer Lire la suite…

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Congé

CONGÉ

 

L’eau claire du torrent caresse la roche polie, qui prend avec le temps l’apparence du cuir.
Plongeant de la Dent d’Oche, son tumulte masque les murmures de la forêt. Le feuillage dense tamise les rayons d’un lourd soleil estival.
La fraîcheur environnante, alliée aux parfums de la nature, enivre mes sens.
Et cette rare tranquillité ambiante offre à mon esprit l’opportunité de vagabonder de souvenirs plaisants en songes d’idéaux.

 

Guillaume Riou. Poème écrit à Bernex en août 1996.

 

Congé - Torrent de montagne

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