Eleven A.M. (Onze heures du matin) – Poème de Joyce Carol Oates inspiré d’une peinture d’Edward Hopper

ELEVEN A.M.

 

She’s naked yet wearing shoes.
Wants to think nude. And happy in her body.

Though it’s a fleshy aging body. And her posture
in the chair—leaning forward, arms on knees,
staring out the window—makes her belly bulge,
but what the hell.

What the hell, he isn’t here.

Lived in this damn drab apartment at Third Avenue,
Twenty-third Street, Manhattan, how many
damn years, has to be at least fifteen. Moved to the city
from Hackensack, needing to breathe.

She’d never looked back. Sure they called her selfish,
cruel. What the hell, the use they’d have made of her,
she’d be sucked dry like bone marrow.

First job was file clerk at Trinity Trust. Wasted
three years of her young life waiting
for R.B. to leave his wife and wouldn’t you think
a smart girl like her would know better ?

Second job also file clerk but then she’d been promoted
to Mr. Castle’s secretarial staff at Lyman Typewriters. The
least the old bastard could do for her and she’d
have done a lot better except for fat-face Stella Czechi.
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Dunes

DUNES

 

Parcoure lentement mes demi-lunes de peau
mes coupoles intimes
étoilées de sens.

Dansent les oyats de mon crâne
au souffle de tes doigts.

Des vagues de plaisir
creusent ma plage nucale
et s’enlacent…

Océan pacifié.

 

Guillaume Riou, in Entre vers et rose : poèmes, recueil collectif, Ed. du bord du Lot, 2010

 

Dunes de peauCouple nu – Photographie par Lucien Clergue (1934-2014), 1989.

 

 

 

Clefs : sensualité | caresse | sexe | types de dunes
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Машинистке на приобретение пелеринки (À une dactylo à l’occasion de l’achat de sa pèlerine) – Poème de Nikolaï Oleïnikov

МАШИНИСТКЕ НА ПРИОБРЕТЕНИЕ
ПЕЛЕРИНКИ

 

Ты надела пелеринку,
Я приветствую тебя !
Стуком пишущей машинки
Покорила ты меня.

Покорила ручкой белой,
Ножкой круглою своей,
Перепискою умелой
Содержательных статей.

Среди грохота и стука
В переписочном бюро
Уловил я силу звука
Ремингтона твоего.

Этот звук теперь я слышу
Днем и ночью круглый год, –
Когда град стучит по крыше,
Когда сверху дождик льет,

Когда птичка распевает
Среди веток за окном,
Когда чайник закипает
И когда грохочет гром.

Пусть под вашей пелеринкой,
В этом подлинном раю,
Застучит сильней машинки
Ваше сердце в честь мою.

[1929]

Nikolaï Oleïnikov (1898-1937), in Un poète fusillé : vers choisis, Ed. Gallimard, Coll. Du monde entier, 2016

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Der König in Thule (Le roi de Thulé) – Poème de Johann Wolfgang von Goethe

DER KÖNIG IN THULE

 

Es war ein König in Thule,
Gar treu bis an das Grab,
Dem sterbend seine Buhle
Einen goldnen Becher gab.

Es ging ihm nichts darüber,
Er leert’ ihn jeden Schmaus;
Die Augen gingen ihm über,
So oft er trank daraus.

Und als er kam zu sterben,
Zählt’ er seine Städt’ im Reich,
Gönnt’ alles seinen Erben,
Den Becher nicht zugleich. Lire la suite…

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Awen ou le faiseur de lumière – Poème de Jean-Louis Gault

Il n’y a en nous rien qui soit inacceptable,
sinon le jugement maladroit
que nous portons sur notre nature
et le geste de ne pas oser l’amour.
L’amour ne connaît de limites
que notre peur et notre égoïsme.
Fasse que nous puissions être
éternellement enfants
pour que s’élargisse enfin
la porte lumineuse donnant sur l’univers. Lire la suite…

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Épanouissement

ÉPANOUISSEMENT

à Jess,

La caresse du vent
tabise le drap de verdure.

Tu dors, sereine,
sous la course des nuages.

Le reflet noir de tes lunettes
me renvoie ce visage connu
que j’accepte enfin.

Je sais qui je suis
et le suis avec toi.

 

Guillaume Riou. Poème publié dans le recueil collectif  Un bout de chemin…, Ed. du Bord du Lot, 2011 et dans Les Citadelles, revue de poésie, n°22, Paris, 2017.

 

ÉpanouissementLa sieste – © Dominique Amendola, Huile sur toile

 

 

 

Clefs : couple | sérénité | Relation à l’autre | connaissance de soi | sieste sur l’herbe | amoureux
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Crique

CRIQUE

 

Le soupir des vagues
emporte nos tracas futiles
et le vacarme du monde.

Mon regard s’enfonce
dans l’atmosphère.
Ivresse au roulis de la bulle.

Une sterne découpe
lentement la toile
selon les pointillés du vent.

Je sens battre le bonheur
sous ton maillot ensoleillé
qui brûle mes spirales digitales.

On est si complices
dans l’amour
qu’on s’en amuse en silence.

Profitons de la douce éclipse
pour nourrir nos éternités
de plaisir partagé.

 

Guillaume Riou, été 2009.

 

crique des EmbiezCrique sur l’île des Embiez, près de la pointe du Cougoussa

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L’isolement – Poème d’Alphonse de Lamartine

Le vers « Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé. » est gravé dans la mémoire collective. Mais on oublie souvent (moi le premier) de quel poème il est extrait. Il s’agit de « L’isolement » d’Alphonse de Lamartine.

Retiré à Milly, le poète est abattu par la mort de Julie Charles (son « Elvire »), en décembre 1817. Il écrit ce poème mélancolique qui fera partie des 24 publiés en 1820 dans ses premières Méditations poétiques.

portrait d'ElvirePortrait d’Elvire (Julie Charles, née Bouchaud des Hérettes) d’après la miniature d’Elouis – In « Études d’histoire romantique » de Léon Séché Lire la suite…

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