Sonnet LXXXIII – Poème de Joachim du Bellay

Déjà la nuit en son parc amassait
Un grand troupeau d’étoiles vagabondes,
Et, pour entrer aux cavernes profondes,
Fuyant le jour, ses noirs chevaux chassait.

Déjà le ciel aux Indes rougissait,
Et l’aube encor de ses tresses tant blondes
Faisant grêler mille perlettes rondes,
De ses trésors les prés enrichissait.

Quand d’occident, comme une étoile vive,
Je vis sortir dessus ta verte rive
Ô fleuve mien ! une nymphe en riant.

Alors voyant cette nouvelle Aurore,
Le jour honteux d’un double teint colore,
Et l’Angevin, et l’Indique orient.

Joachim du Bellay, in L’Olive, augmentée depuis la première édition, Paris, 1550

sonnet 83 - Nymphe
Nymphe au bord de la rivière – Peinture de Léon Auguste César Hodebert (1852-1914)

Clefs : poète de La Pléiade | sonnet 83 | sonnet à l’italienne (écrit à la manière de Pétrarque) | allégorie | du sombre au clair | éclipse de la nuit par l’aube | apparition

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