Nous les gueux – Poème de Léon Gontran Damas

NOUS LES GUEUX

nous les peu
nous les rien
nous les chiens
nous les maigres
nous les Nègres

Nous à qui n’appartient
guère plus même
cette odeur blême
des tristes jours anciens

Nous les gueux
nous les peu
nous les riens
nous les chiens
nous les maigres
nous les Nègres Lire la suite…

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Étranges étrangers – Poème de Jacques Prévert

étranges étrangersMariam’ – Photographie par Alexis Peskine

 

Étranges étrangers

 

Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel
hommes des pays loin
cobayes des colonies
Doux petits musiciens
soleils adolescents de la porte d’Italie
Boumians¹ de la porte de Saint-Ouen
Apatrides d’Aubervilliers
brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris
ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied
au beau milieu des rues
Tunisiens de Grenelle
embauchés débauchés
manœuvres désœuvrés
Polacks du Marais du Temple des Rosiers Lire la suite…

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Lorsque les nazis sont venus… – Poème de Martin Niemöller

Ce poème est attribué à un allemand résistant au nazisme : Martin Niemöller (1892-1984). Militant pacifiste, il ne cessera de prêcher la raison contre l’horreur fasciste.

 

Als die Nazis die Kommunisten holten,
habe ich geschwiegen,
ich war ja kein Kommunist.

Als sie die Sozialdemokraten einsperrten,
habe ich geschwiegen,
ich war ja kein Sozialdemokrat.

Als sie die Gewerkschafter holten,
habe ich geschwiegen,
ich war ja kein Gewerkschafter.

Als sie mich holten,
gab es keinen mehr,
der protestieren konnte.

Martin Niemöller, in « Als die Nazis die Kommunisten holten… », Martin Niemöller Stiftung, 22 septembre 2005. Lire la suite…

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Speak white – Poème de Michèle Lalonde

La québécoise Michèle Lalonde (née en 1937) a écrit son fameux poème engagé « Speak white » en plein contexte de révolte. Tandis que le Québec se lève pour affirmer sa culture et sa langue, elle le lit pour la première fois à Montréal, lors de La nuit de la poésie, le 27 mars 1970.

speak white
L’expression Speak white est alors une injure raciste. Elle est utilisée dans l’Ouest canadien, pour agresser ceux qui, appartenant à un groupe minoritaire, se permettent, dans un lieu public, de parler autre chose que l’anglais.

Le poème est rapidement adopté par le public, affiché tel un manifeste québécois, et considéré comme séparatiste par les autorités de l’époque.

On peut dire aujourd’hui qu’il est un des textes fondamentaux de la poésie québécoise.

SPEAK WHITE

 

Speak white
il est si beau de vous entendre
parler de Paradise Lost
ou du profil gracieux et anonyme qui tremble dans les sonnets de Shakespeare
nous sommes un peuple inculte et bègue
mais ne sommes pas sourds au génie d’une langue

Parlez avec l’accent de Milton et Byron et Shelley et Keats
speak white
et pardonnez-nous de n’avoir pour réponse
que les chants rauques de nos ancêtres
et le chagrin de Nelligan

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Jean-Luc Despax et la poésie

Valeur d’usage de la poésie

 

Ils disent que le poème n’est pas censé exprimer quoi que ce soit
Dans le grand intestin du monde, les hâbleurs hantent les tréteaux
Joie du tract
On en a parlé à la radio
Les vrais situs s’y sont tués
Refusant de faire de l’avant-garde
L’antichambre de tous les conformismes
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La volonté de vivre – Poème d’Abou El Kacem Chebbi (أبو القاسم الشابي)

Dans le contexte actuel de la révolution tunisienne, je me suis fait la réflexion que je n’avais lu aucun poète tunisien. Après quelques recherches, je constate qu’il est assez difficile de trouver des éditions en français de poésie tunisienne.

Dans le flot des images qui nous arrivent de Tunisie par internet, je me suis intéressé aux moments où les manifestants entonnent l’hymne tunisien. Le retrouvant sur la toile, j’apprends que les derniers vers sont extraits d’un poème d’Abou El Kacem Chebbi : « La volonté de vivre » (Iradat Ul-hayat).

 

La volonté de vivre - Ben Ali dégage

 

La volonté de vivre

 

Lorsqu’un jour le peuple veut vivre,
Force est pour le Destin, de répondre,
Force est pour les ténèbres de se dissiper,
Force est pour les chaînes de se briser.
Avec fracas, le vent souffle dans les ravins,
au sommet des montagnes et sous les arbres Lire la suite…

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