Le con définitif – Chronique radiophonique de François Morel

A l’occasion de la préparation des commémorations du « 150ème anniversaire d’Erik Satie », comme l’indique l’ordre du jour du conseil municipal d’Arcueil, Denis Truffaut, conseiller Front National, a cherché à salir la mémoire du compositeur.
Outre un « hypocrite », un « lâche », un « médiocre », un « illuminé », Satie n’était selon lui qu’un « membre de parti communiste alcoolique ».
Selon le journal Le Parisien, Denis Truffaut est allé glaner ses arguments sur la page Wikipédia du compositeur. Bel exemple d’analyse et de vérification des informations…

Le con définitif
Les conseillés FN malheureusement trop présents dans nos municipalités françaises ont l’art et la manière de clamer des énormités.
Cette pathétique anecdote a donné naissance à une délectable chronique radio du brillant François Morel, sur France-Inter, le 3 juin 2016 :

Lire la suite…

Partager
Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedintumblr

Le vieux réac – Poème satirique d’Alexandre Agnellet

Alexandre Agnellet fait partie des poètes satiriques dont j’ai pu apprécier la lecture.
Je ne sais rien de cet auteur, mais j’ai pu observer le contexte de son époque, au prisme de ses vers, dans le recueil « A tort et à travers » publié en 1892.

Il n’est pas tendre avec ses cibles, souvent les politiciens de l’époque, comme le célèbre général Boulanger (dans le poème « Vive Boulange », page 65-66).

Ce poème « Le vieux réac » vise sûrement une figure précise du monde politique de cette fin de XIXe siècle, mais laquelle ? En tous cas, la satire n’est pas démodée et pourrait convenir à bien des agitateurs actuels…

 

LE VIEUX RÉAC

 

Son crâne peu meublé balance trois cheveux,
Souvenirs des combats, terminés en défaites ;
L’œil est terne, et le corps qui se replie en deux,
Pour être ainsi courbé, subit bien des tempêtes,
Triste et pâle flambeau qui jamais n’a brillé,
Pour mordre n’ayant pas la mâchoire assez forte,
C’est à peine s’il peut, ce cerveau dépouillé,
Aboyer faiblement la plainte qu’il apporte. Lire la suite…

Partager
Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedintumblr

De la verbomanie – Texte d’André Doriac et Gaston Dujarric

En faisant des recherches à la bibliothèque, je suis tombé sur un livre intitulé « Toasts, allocutions et discours modèles : pour toutes les circonstances de la vie privée et publique », de A. Doriac & G. Dujarric. En le feuilletant par curiosité, au petit bonheur la page, j’ai lu ce chapitre « De la verbomanie » qui m’a bien plu.

J’ai rapidement pensé à certains de nos politiques, qui, principalement en période de campagnes électorales, pourraient être qualifiés de « verbomanes ».

DE LA VERBOMANIE

 

Nous désirons apprendre à nos lecteurs à « parler » ; mais nous croyons être utiles à beaucoup d’entre eux en les mettant en garde contre la propension à parler trop.
C’est pourquoi nous leur signalons, comme une maladie dont il faut éviter les effets, ce que nos psychologues appellent la « verbomanie ».
On donne ce nom à la « manie de la parole » ou verbosité ; beaucoup plus de gens qu’on ne le croirait en sont atteints à des degrés différents.
M. le Professeur Ossip Lourié donne à son sujet les explications qui suivent* : Lire la suite…

Partager
Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedintumblr

La fête du lac (d’Annecy)… une manifestation populaire ! – Texte de Sylvain Poujois

Je vous invite à découvrir un texte extrait d’un ouvrage satirique plein d’humour dont je vous conseille la lecture (surtout si vous vivez aux alentours d’Annecy). Il réunit un ensemble de chroniques publiées dans les pages du feu journal « Le vilain p’tit canard ».

Les râleurs-bienfaiteurs Sylvain Poujois et David Zuber y pointent du bec les travers agaçants de la belle cité haut-savoyarde.

Le propos de ce texte & de son illustration est d’actualité, lorsque l’on observe se monter les palissades municipales au cœur même de la ville. A l’origine une fête populaire… aujourd’hui une fête pécuniaire ! Lire la suite…

Partager
Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedintumblr

L’assiette au beurre municipale – Poème de Jules Grandjouan

Que penser de cette campagne politique pour les prochaines élections présidentielles ? Pas grand chose… rien de positivement surprenant.

Prêts à tout pour monter sur le trône, les bouffons nous amusent tristement.

On notera la bassesse habituelle des candidats : promesses stériles, déni, petites phrases de petits mots, effets d’annonces, chiffres sans fondements, bains de foule, serrage de mains et léchage de bottes du peuple.

Le pays n’apparaît alors que comme le fabuleux creuset de voix électorales. Lire la suite…

Partager
Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedintumblr

Le Diable (Ça va) – Chanson de Jacques Brel

Le poète et comédien Patrick Chemin a mis en scène des textes de Jacques Brel, lors de la Revue orale du 12 octobre dernier à la Galerie du Larith à Chambéry. En spectateur, j’ai découvert un texte que je n’avais jamais entendu : « Le diable ».

Le Diable (Ça va)
Le lien entre les mots du poète et l’actualité du monde m’a surpris. Voici la chanson :

Le Diable

 

Un jour, un jour le Diable vint sur terre, un jour le Diable vint sur terre pour surveiller ses intérêts. Il a tout vu le Diable, il a tout entendu. Et après avoir tout vu, après avoir tout entendu, il est retourné chez lui, là-bas.
Et là-bas, on avait fait un grand banquet, à la fin du banquet, il s’est levé le Diable, il a prononcé un discours :

« Ça va
Il y a toujours un peu partout
Des feux illuminant la terre
Ça va
Les hommes s’amusent comme des fous
Aux dangereux jeux de la guerre
Ça va
Les trains déraillent avec fracas
Parce que des gars pleins d’idéal
Mettent des bombes sur les voies
Ça fait des morts originales
Ça fait des morts sans confession
Des confessions sans rémission
Ça va

Rien ne se vend mais tout s’achète
L’honneur et même la sainteté
Ça va
Les États se muent en cachette
En anonymes sociétés
Ça va
Les grands s’arrachent les dollars
Venus du pays des enfants
L’Europe répète l’Avare
Dans un décor de mil neuf cent
Ça fait des morts d’inanition
Et l’inanition des nations
Ça va

Les hommes, ils en ont tant vu
Que leurs yeux sont devenus gris
Ça va
Et l’on ne chante même plus
Dans toutes les rues de Paris
Ça va
On traite les braves de fous
Et les poètes de nigauds
Mais dans les journaux de partout
Tous les salauds ont leur photo
Ça fait mal aux honnêtes gens
Et rire les malhonnêtes gens.
Ça va, ça va, ça va, ça va ! »

 

Jacques Brel. Texte publié en 1955.

 

Partager
Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedintumblr
image_pdfimage_print