Coquillages et caleçon de bain – Farces poétiques de Pierre Desproges

Fervent amateur de littérature, Pierre Desproges (1939-1988) maniait le verbe avec talent, au service du comique et du cinglant.
Il savait aussi s’en moquer.

coquillages caleçon de bain(Source de l’image)

J’ai retrouvé sur le site de l’Ina deux intermèdes d’une émission d’Antenne 2 diffusée en 1979 : « Sacha Distel à Monte-Carlo » . On y découvre, au large des côtes, un bateau de plaisance sur lequel Desproges porte en dérision la poésie et les poètes.
Sous ses airs de touriste nonchalant, il drape dans ses rimes maladroites et ses poncifs une satire du poète vertueux qui se prend au sérieux.

La poésie a trouvé là un moqueur à sa mesure.

LES COQUILLAGES

 

Ah, j’aime bien pêcher les moules et les rascasses !
On en trouve parfois en cherchant dans la mer.
Alors qu’en montagne, il y en a pas des masses.
Voit-on sur le Mont-Blanc des moules marinières ? Lire la suite…

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500 connards sur la ligne de départ – Chanson de Renaud

500 connards sur la ligne de départ

500 CONNARDS SUR LA LIGNE DE DÉPART

 

Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents blaireaux sur leurs motos
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d’enfoirés
Au vent du Ténéré

Le rallye mécanique
Des Mad Max de bazar
A r’commencé son cirque
Au soleil de janvier

Vont traverser l’Afrique
Avec le pied dans l’phare
Dégueulasser les pistes
Et revenir bronzés

Ravis de cet obscène
Et pitoyable jeu
Belle aventure humaine
Selon les journaleux

Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents couillons dans leurs camions
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d’enfoirés
Au vent du Ténéré

Passe la caravane
Et les chiens n’aboient plus
Sous les roues des bécanes
Y’a du sang répandu

C’lui des quelques sauvages
Qui ont voulu traverser
Les rues de leurs villages
Quand vous êtes passés

Comme des petits Rommel
Tout de cuir et d’acier
Crachant vos décibels
Aux enfants décimés

Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents guignols dans leurs bagnoles
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d’enfoirés
Au vent du Ténéré

Combien d’années encore
Ces crétins bariolés
F’ront leur terrain de sport
D’un continent entier

Combien d’années enfin
Ces bœufs sponsorisés
Prendront l’sol africain
Pour une cour de récré

Dans leurs joutes odieuses
Les bonbons bien au chaud
Au fond de leurs délicieuses
Combinaisons fluo

Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents blaireaux sur leurs motos
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d’enfoirés
Au vent du Ténéré

 

Renaud, in l’album Marchand de cailloux, Virgin Records, 1991
Texte présent dans le livret de l’album.

 


Renaud en direct dans Les Nuls l’Émission, sur Canal+ le 15 février 1992

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Le général et le restaurant – Fable de Pef

J’ai récemment eu le plaisir de rencontrer l’auteur-illustrateur Pef à la médiathèque Bonlieu d’Annecy. Invité de la saison culturelle en cours, il s’est lancé dans un marathon sans précédent : expos, rencontres littéraires, dédicaces.

Il m’a offert l’occasion de lier connaissance avec le poète breton Yvon Le Men, dont je partagerai avec vous sur ce blog quelques poèmes.

Haut en couleur et en spontanéité, il m’a baptisé « L’homme du lac » pour les poèmes sur Annecy, son lac et ses environs que je porte à la connaissance du plus grand nombre sur le site Annecy en poésie. Puis il m’a dédicacé un ouvrage, chiné sur Internet, que j’aime particulièrement car il associe avec humour la cuisine à la poésie : « Fablier de cuisine ». Lire la suite…

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Le vieux réac – Poème satirique d’Alexandre Agnellet

Alexandre Agnellet fait partie des poètes satiriques dont j’ai pu apprécier la lecture.
Je ne sais rien de cet auteur, mais j’ai pu observer le contexte de son époque, au prisme de ses vers, dans le recueil « A tort et à travers » publié en 1892.

Il n’est pas tendre avec ses cibles, souvent les politiciens de l’époque, comme le célèbre général Boulanger (dans le poème « Vive Boulange », page 65-66).

Ce poème « Le vieux réac » vise sûrement une figure précise du monde politique de cette fin de XIXe siècle, mais laquelle ? En tous cas, la satire n’est pas démodée et pourrait convenir à bien des agitateurs actuels…

 

LE VIEUX RÉAC

 

Son crâne peu meublé balance trois cheveux,
Souvenirs des combats, terminés en défaites ;
L’œil est terne, et le corps qui se replie en deux,
Pour être ainsi courbé, subit bien des tempêtes,
Triste et pâle flambeau qui jamais n’a brillé,
Pour mordre n’ayant pas la mâchoire assez forte,
C’est à peine s’il peut, ce cerveau dépouillé,
Aboyer faiblement la plainte qu’il apporte. Lire la suite…

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La fête du lac (d’Annecy)… une manifestation populaire ! – Texte de Sylvain Poujois

Je vous invite à découvrir un texte extrait d’un ouvrage satirique plein d’humour dont je vous conseille la lecture (surtout si vous vivez aux alentours d’Annecy). Il réunit un ensemble de chroniques publiées dans les pages du feu journal « Le vilain p’tit canard ».

Les râleurs-bienfaiteurs Sylvain Poujois et David Zuber y pointent du bec les travers agaçants de la belle cité haut-savoyarde.

Le propos de ce texte & de son illustration est d’actualité, lorsque l’on observe se monter les palissades municipales au cœur même de la ville. A l’origine une fête populaire… aujourd’hui une fête pécuniaire ! Lire la suite…

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La folle du marché d’Annecy – Poème satirique de Thomas Ibanez

LA FOLLE DU MARCHÉ D’ANNECY

 

«  Elle vous jurera que nous la harcelions
       tics et grimaces lui ruinant le visage,
       vous découvrirez vite qu’elle est rongée
par le courroux de la folie. » William Peter Blatty

 

Les murs sardes ocre et vert-de-gris
ondulent paisiblement au miroir du Thiou.
Des arcades de la vieille ville
monte la criée des commerçants.

La chevelure brouillée et l’œil sombre,
elle apparaît sur le pont de la République
comme chaque vendredi de sa vie monotone.

Harpie rouge cinabre,
aigrie et envieuse du bonheur des autres,
elle entache de son ombre vacillante
les étals chamarrés du marché.

Tel un insecte scatophage
perturbant l’ambiance affable et décontractée,
elle cherche les histoires nauséeuses
et bourdonne des insultes
aux visages qu’elle croise. Lire la suite…

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À la musique – Poème d’Arthur Rimbaud

À LA MUSIQUE

Place de la gare, à Charleville

Sur la place taillée en mesquines pelouses,
Square où tout est correct, les arbres et les fleurs,
Tous les bourgeois poussifs qu’étranglent les chaleurs
Portent, les jeudis soirs, leurs bêtises jalouses.

— L’orchestre militaire, au milieu du jardin,
Balance ses schakos dans la Valse des fifres :
— Autour, aux premiers rangs, parade le gandin;
Le notaire pend à ses breloques à chiffres ; Lire la suite…

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Ministre en 2011 ou La grande imposture – Poème satirique de Thomas Ibanez

MINISTRE EN 2011
ou
LA GRANDE IMPOSTURE

Je n’ai pas vraiment de métier,
sinon celui de parader
comme un dindon bien gras
dans les médias.

Je porte aux oreilles naïves
la bonne parole élusive
de mon tout puissant
patron-Président.

Fantoche de l’Élysée
on me déplace à volonté
et peu importent mes compétences,
spécialités et appétences. Lire la suite…

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Le concombre masqué du lac d’Annecy – Texte de Thomas Ibanez

concombre-masque-du-lac-annecy

LE CONCOMBRE MASQUÉ DU LAC D’ANNECY
A ENCORE FRAPPÉ !

 

Ne vous aventurez jamais dans les vapeurs cireuses que transpire par moments le lac d’Annecy. Une rencontre malheureuse vous apporterait le mauvais œil administratif pour de longues années ! Lire la suite…

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Shootés à l’internet – Slam de François Gaillard

En surfant sur Internet, shooté que je suis, j’ai découvert un chanteur de talent : François Gaillard. Avec sa plume aiguisée, il dresse des croquis pertinents de nos mœurs et sociétés.

Voici un slam que j’aime beaucoup et qui, je dois bien l’avouer, me concerne un peu…

Shootés à l'internet

 

SHOOTÉS À L’INTERNET

 

Dis, t’as vu comme on se modernise
On twitte, on tchate, on virtualise
Shootés qu’on est à l’internet,
On n’est pas nets.
On se connecte du matin au soir
On se taquine les avatars
Bien campés derrière nos écrans
On fait semblant.
On fait semblant qu’on est vivants
Tout le temps.
On écrit « plus vite que son ombre »
On réagit, on est du nombre
On clique, on scalpe
On tague, on cause,
On ose des choses.
On dit des choses
Que même tout bas
On n’dirait pas.
On s’lance des fleurs et des invits
On partage ses virtuelles cuites
On se déclare célibataires
On donne sa date d’anniversaire
A toute la Terre.
On aime, on est fan et on se saoule,
On se distribue des points cool,
Des petites médailles virtuelles
De potes modèles.
On grave sans bombe et sans peinture,
Des faux tags sur des faux murs.
On grave sans bombe et sans peinture,
Des faux tags sur des faux murs…
Je t’assure.
On psychologise à deux balles
On se confidence, on se met à poil,
On s’embrasse sur la Facebouche…
C’est louche.
Est-ce qu’il fallait donc qu’on ait besoin
De se faire des virtuels copains
Passer des heures en tête à tête
Avec une connexion internet
Un club rencontre dans une LiveBox
Ça sent la cure de désintox.
Il va falloir un peu qu’on se magne,
Qu’on se soigne.
Moi qui préfère toucher ta peau
Puis t’sentir là contre mon dos
Te dire que j’t’aime
Te le dire en vrai
Avec des p’tits trémolos, là tu sais,
Ceux que j’sais pas écrire en smileys.
Moi qui préfère toucher ta peau
Est-ce que j’tiens un jour sans réseau ?
Sans ma petite piquouse d’rappel ?
Sans aller consulter mes mails ?
Est-ce que j’suis cyberdépendant ?
Ou trafiquant ?
Comment j’vais me défaire de ce tic ?
Est-ce qu’il y a une formule chimique ?
Un anti-cyber dépressclic ?
Magique.

Y’a p’t-être une solution toute prête…
Attends, je vais voir… sur internet.

 

François Gaillard, in Traversée de la Scène à la Rage, Festival de Marne, 10 octobre 2010.

 

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