It means nothing – Chanson de Stereophonics

It means nothingStereophonics / Teenage cancer trust show, Royal Albert Hall (Londres)

It means nothing

Did we lose ourselves again ?
Do we take in what’s been said ?
Do we take the time to be
All the things we said we’d be
Bury heads in sand
But my future’s in my hands

It means nothing

You can find yourself a God
Believe in which one you want
‘Cos they love you all the same
They just go by different names
When we fly our flag today
Are you proud or just ashamed ?

It means nothing
If I haven’t got you

And the sun sets in the sky
You’re the apple of my eye
If the bomb goes off again
In my brain or on the train
I hope that I’m with you
‘Cos I wouldn’t know what to do

It means nothing
If I haven’t got you

 

 

Stereophonics, in l’album Pull the pin, 2007. Texte présent dans la pochette de l’album.
Morceau écrit dans une chambre d’hôtel en Allemagne, presque 2 ans avant la sortie de l’album.

 

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Iron – Chanson de Woodkid

Iron

IRON

Deep in the ocean, dead and cast away
Where innocence is burnt in flames

A million miles from home I’m walking ahead
I’m frozen to the bone, I am…

A soldier on my own, I don’t know the way
I’m riding up the heights of shame

I’m waiting for the call the hand on the chest
I’m ready for the fight and fate

The sound of iron shots is stuck in my head
The thunder of the drums dictates

The rhythm of the falls the number of dead
The rising of the horns ahead

From the dawn of time to the end of days
I will have to run away

I wanna feel the pain and the bitter taste
Of the blood on my lips again

This deadly burst of snow is burning my hands
I’m frozen to the bone, I am

A million miles from you, I’m walking away
I can’t re-mind your eyes, your face

 

Woodkid, in l’album The golden age, 2013. Texte présent dans la pochette de l’album.
Ecrit et composé par Woodkid, arrangements par Woodkid & Gustave Rudman
Publié par Seize Zero Trois
Enregistré aux Studios Pigalle & de la Grande Armée (Paris)
Produit par Woodkid & The Shoes

 

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Paradoxal système – Chanson de Laurent Voulzy

Paradoxal système

PARADOXAL SYSTÈME

 

Car, parce que je pars,
Il y a de l’eau dans ton regard
Mais les pleurs que tu pleures sont inutiles
Car tous les départs
Resserrent les cœurs qui se séparent
Je serai bien que loin de toi,
Tout contre toi

Dans la nuit les trains voyagent
Vers des villes et des visages
Creusant dans nos cœurs
Un écart lourd
Tellement lourd

Plus je m’éloigne et plus je t’aime
C’est le paradoxal système

Car, tous les départs
Resserrent les cœurs qui se séparent
Et les pleurs que tu pleures
Sont inutiles

Car en tous sens,
Attisé par la longue distance,
Je serai bien que loin de toi
Tout contre toi

Plus je monte vers le nord,
Plus notre amour devient fort
Rêveur absent
Je serai comme ça
A cause de toi,
De toi

Plus je m’éloigne et plus je t’aime
C’est le paradoxal système

Car, parce que je pars,
Il y a de l’eau dans ton regard
Mais les pleurs que tu pleures sont inutiles
Car tous les départs
Resserrent les cœurs qui se séparent
Bien que loin, je suis contre toi

 

Laurent Voulzy, in l’album  Caché derrière, 1992.

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Something in the way – Chanson de Nirvana, texte de Kurt Cobain

Pendant mes années lycée (minute « revival »), je pouvais écouter en boucle les albums du groupe Nirvana. Parmi mes morceaux préférés, se trouve « Something in the way ».

« Dans cette chanson, Kurt Cobain fait allusion au North Aberdeen Bridge, un petit pont qui enjambe la rivière Wishkah, sous lequel il passait parfois toute la nuit quand il était adolescent. A la manière de Led Zeppelin, qu’il aimait écouter, c’est un titre paisible qui clôture Nevermind. Sauf si, bien entendu, on tient compte de « Endless Nameless », le fameux titre fantôme »… (in Anthologie du Hard Rock, hors-série Nirvana, revue bimestrielle, février/mars 1997).

 

SOMETHING IN THE WAY

Underneath the bridge
The tarp has sprung a leak
And the animals I’ve trapped
Have all become my pets
And I’m living off of grass
And the drippings from the ceiling
But it’s okay to eat fish
’cause they don’t have any feelings

Something in the way,
Something in the way…

Underneath the bridge
The tarp has sprung a leak
And the animals I’ve trapped
Have all become my pets
And I’m living off of grass
And the drippings from the ceiling
But it’s okay to eat fish
’cause they don’t have any feelings

Something in the way
Something in the way…

 

Kurt Cobain, in l’album Nevermind du groupe Nirvana, 1993.

QUELQUE CHOSE SUR LE CHEMIN

Sous le pont
La bâche a une fuite
Et les bêtes que j’ai capturées
Sont toutes devenues mes animaux de compagnie
Et je vis en mangeant de l’herbe
Et en buvant ce qui coule du plafond
Mais d’accord pour manger du poisson
Parce qu’ils n’ont pas de sentiments

Quelque chose sur le chemin
Quelque chose sur le chemin…

Sous le pont
La bâche a une fuite
Et les bêtes que j’ai capturées
Sont toutes devenues mes animaux de compagnie
Et je vis en mangeant de l’herbe
Et en buvant ce qui coule du plafond
Mais d’accord pour manger du poisson
Parce qu’ils n’ont pas de sentiments

Quelque chose sur le chemin
Quelque chose sur le chemin…

 

Kurt Cobain, in l’album Nevermind du groupe Nirvana, 1993.

Something in the wayNorth Aberdeen Bridge (État de Washington)
source : http://notionscapital.wordpress.com/2011/07/31/kurt-cobain-memorial-bridge/

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Les plus belles lettres – Chanson de Da Silva


les plus belles lettresLes feuilles volantesSarah Ann Loreth

LES PLUS BELLES LETTRES

Tu reviens dans le parc, je ne t’attendais plus
Tu reviens sur le lac à la fin de l’été
Tu embarques sous mes yeux
En eau trouble, en eau trouble
Rien ne cède, rien ne coule depuis toutes ces années

Je préfère les rivières aux étendues salines
La violence des courants et le lit qui déborde
J’ai passé tant d’années dans l’ombre à t’aimer
Si je tremble c’est qu’aujourd’hui je vais jeter

Au vent tes plus belles lettres
Je jetterai au vent tes plus belles phrases
Que tu ailles au diable
Je connais trop les déserts que tu portes

Allez, au vent tes plus belles lettres
Je jetterai au vent tes plus belles phrases
Que tu ailles au diable
Je connais trop les déserts que tu portes

Je ne regrette rien, à l’usure, à l’usure
Je n’attendais plus rien des jours avec toi
Si l’amour nous quitte sans jamais nous saluer
Nous n’avons jamais su l’embrasser

Et ce ciel nous oublie quand il n’y a plus de jour
Et ce ciel nous oublie quand il n’y a plus de nuit
Que deviennent nos prières et nos promesses passées
Si je tremble c’est qu’aujourd’hui je vais jeter

Au vent tes plus belles lettres
Je jetterai au vent tes plus belles phrases
Que tu ailles au diable
Je connais trop les déserts que tu portes

Allez, au vent tes plus belles lettres
Je jetterai au vent tes plus belles phrases
Que tu ailles au diable
Je connais trop les déserts que tu portes

 

Da Silva, in l’album La tendresse des fous, 2009.

 


DA SILVA « Les plus belles lettres »

 

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Vierge Marie, chasse Poutine – Prière anti-Poutine du groupe Pussy Riot (Пусси Райот)

Reconnues coupables de « hooliganisme » et « incitation à la haine religieuse », les 3 jeunes féministes punk du groupe Pussy Riot ont été condamnées à 2 ans d’emprisonnement dans un camp en Russie.

Comme Garry Kasparov, elles sont devenues des icônes anti-Poutine et leur action a fait le tour du monde.

En combattant par les mots, elles dénoncent de manière provocante, mais pacifique, les abus de pouvoir exercés par le bling-bling Vladimir Poutine à l’encontre de son peuple et de bien d’autres à travers le monde. Et elles mettent en lumière le soutien fétide que lui apporte l’Église orthodoxe.
Bel exemple de révolte citoyenne.

Voici le texte original, suivi de sa traduction :

Богородица, Дево, Путина прогони

 

Богородица, Дево, Путина прогони
Путина прогони, Путина прогони

Черная ряса, золотые погоны
Все прихожане ползут на поклоны
Призрак свободы на небесах
Гей-прайд отправлен в Сибирь в кандалах
Глава КГБ, их главный святой
Ведет протестующих в СИЗО под конвой
Чтобы Святейшего не оскорбить
Женщинам нужно рожать и любить

Срань, срань, срань Господня
Срань, срань, срань Господня

Богородица, Дево, стань феминисткой
Стань феминисткой, феминисткой стань
(конец хора)Церковная хвала прогнивших воджей
Крестный ход из черных лимузинов
В школу к тебе собирается проповедник
Иди на урок – принеси ему денег!

Патриарх Гундяй верит в Путина
Лучше бы в Бога, с%ка, верил
Пояс девы не заменит митингов –
На протестах с нами Приснодева Мария!

Богородица, Дево, Путина прогони
Путина прогони, Путина прогони

 

Пусси Райот

Vladimir pussy

Vierge Marie, chasse Poutine

 

Vierge Marie, mère de Dieu, chasse Poutine !
Chasse Poutine, chasse Poutine !

Soutane noire, épaulettes d’or,
Tous les paroissiens rampent à genoux…
Le fantôme de la liberté est aux cieux
La Gay-Pride est envoyée, enchaînée, en Sibérie
Le chef du KGB, leur Saint patron,
Conduit les manifestants en prison, sous escorte.

Afin de ne pas offenser Sa Sainteté,
Les femmes sont cantonnées à enfanter et aimer

Merde, merde, merde du Seigneur !
Merde, merde, merde du Seigneur !

Vierge Marie, mère de Dieu, deviens féministe !
Deviens féministe, deviens féministe !

L’Église fait les louanges de dictateurs pourris.
Croix portée par une procession de limousines noires.
À l’école, l’enseignant-prédicateur vient à ta rencontre :
Va en classe – Donne-lui de l’argent !

Le patriarche Goundiaïev croit en Poutine…
Salaud… il serait préférable qu’il croie en Dieu.
La protection de la Vierge ne peut remplacer les manifestations
Marie, mère de dieu, est avec nous dans la protestation !

Vierge Marie, mère de Dieu, chasse Poutine !
Chasse Poutine, chasse Poutine !

 

Pussy Riot, Vierge Marie, chasse Poutine, prière anti-Poutine entonnée le 21 février 2012 en plein cœur de la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou.

 


Prière anti-Poutine des Pussy Riot

 

 

Clefs : russe | riot girl | résistance | religion | anticléricalisme | opposition citoyenne | critique de la société
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The bay – chanson de Metronomy

The bay

THE BAY

 

You may have the money
But you’ve got to go
It’s sensible
It’s sensible
And those endless seasons
That go on and on
Incredible

But I’d sooner get out
And remember where we went last year
You said everything about it moved on your career
If you want to go
I’ll take you back one day

Because this isn’t Paris
And this isn’t London
And it’s not Berlin
And it’s not Hong Kong
Not Tokyo
If you want to go
I’ll take you back one day

It feels so good in the bay
It feels so good in the bay

You may have the body
But do you have the song ?
Let’s make this happen
Let’s make this happen
And those endless beaches
That go on and on
It’s magical

But I’d sooner get out
Remember where we went last year
You said everything about it moved on your career
If you want to go
I’ll take you back one day

Because this isn’t Paris
And this isn’t London
And it’s not Berlin
And it’s not Hong Kong
Not Tokyo
If you want to go
I’ll take you back one day

It feels so good in the bay
It feels so good in the bay

 

Metronomy, in album The english riviera, 2011.

 

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Le plafond de verre – Chanson du groupe DKDANCE

Quand le sentiment de colère monte, exprimons-le… à la force des mots et des voix qui les portent.

Voici un morceau du groupe de punk indus annécien DKDANCE, où les voix de Séverine et Sandra crient la rage des femmes dont la condition stagne dans la fange que des générations de machos entretiennent :

LE PLAFOND DE VERRE *

 

Les yeux ouverts sur vos vestiges
On fracassera le ciel voûté
Débris de privilèges, votre prestige
S’effondrera en flaques de verre ;
Vertige des femmes au foyer.
On défoncera le plafond de verre
On fracassera le ciel voûté
Vertige des femmes au foyer.

Ce miroir au plafond de verre
Me regardant, souillée, violée,
Sanglot d’ennui dont je suis fière.
Traumatisme moral
Expérience fatale
Ségrégation mentale
Préjugé comportemental
Je crève mon esprit et mon corps.

Ce foyer de peur me désole.
Mes aspirations ne sont plus.
Prisonnière de ma propre vie,
Maintenant je me pervertis
Préférant cet état de veille.

Dans les bas-fonds le beau sexe
Emploi précaire ou à mi-temps
Salaire de misère et harcèlement
Dans les bas-fonds le beau sexe
L’enfer des femmes aux fourneaux
Marmots, métro, boulot, marmots,
Dans les bas-fonds le beau sexe
Complexé pour faire plus d’argent
Mon corps, la proie des affres du temps
On défoncera le plafond de verre.

Il n’y a jamais eu d’espoir
Pour cette égalité des sexes
Vos actes ne servent que nos mépris
Notre sueur étanche votre faim
Et ces pulsions morbides en moi.

Le beau sexe ivre de rage
Celles qui marchent dans l’ombre se pressent
Le sexe faible à l’abordage
Celles qui marchent dans l’ombre se pressent
Aux portes dérobées, ivres de rage,
Jettent aux chiottes cette vie à l’arrachée
Le plafond de verre enfin effondré
Ci-gît feu l’infini servage.

 

DKDANCE [feat Sandra], in l’abum Smells like riot, [DtrashRecords], Annecy, 2010.
Texte communiqué par Séverine Conesa. Découvrez le blog du groupe DKDANCE.

 

Le plafond de verre

* « Le plafond de verre (de l’anglais glass ceiling) est une expression apparue aux États-Unis à la fin des années 1970. Elle s’est fait connaître en 1986 suite à un article publié dans le Wall Street Journal ; elle désigne le fait que, dans une structure hiérarchique, les niveaux supérieurs ne sont pas accessibles à certaines catégories de personnes. Bien que dans cet article, l’expression était utilisée pour souligner la difficulté d’accès des femmes aux postes supérieurs, elle est utilisée depuis pour d’autres catégories de personnes. » (Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Plafond_de_verre)

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La Suisse – Chanson de Bel Hubert, Sarcloret et Simon Gerber

La Suisse

La Suisse

 

Quelques cabanons barbelés
Du côté de l’aéroport
On n’a pas mis les miradors
Mais il faut sortir pour pisser
Les étrangers qu’ont du pognon
Ils ont le quai Gustave Addor
Secret bancaire, baignoire en or
Inscrits dans la constitution

Comment faire un pays heureux
En étant si peu chaleureux
C’est bien joli un pays vert
Mais pas tant qu’un pays ouvert
Comment faire un pays honnête
En étant juste à moitié net
A toujours tout faire pour les riches
On est juste un pays qui triche

La petite vendeuse de la Migros
Peut vraiment rien pour ses impôts
Quand elle a payé son loyer
Elle est simplement lessivée
La petite vendeuse de la Coopé
Revérifie sa fiche de paye
Quand elle voit la pile de factures
Elle trouve la vie carrément dure

Comment faire un pays heureux
En étant si peu chaleureux
C’est bien joli un pays vert
Mais pas tant qu’un pays ouvert
Comment faire un pays honnête
En étant juste à moitié net
A toujours tout faire pour les riches
On est juste un pays qui triche

Parquées dans des salons de massage
Des lolitas basanées viennent
Astiquer le Suisse de passage
Pour la poésie et l’hygiène
Tandis qu’au palais fédéral
Assis sur des lingots douteux
Les banquiers gardent le moral
Cervin, cor des alpes et ciel bleu

Comment faire un pays heureux
En étant si peu chaleureux
C’est bien joli un pays vert
Mais pas tant qu’un pays ouvert
Comment faire un pays honnête
En étant juste à moitié net
A toujours tout faire pour les riches
On est juste un pays qui triche

 

Sarcloret, Bel Hubert & Simon Gerber, in album Quinzaine du blanc chez les 3 suisses, 2006. Paroles : Sarcloret. Musique : Simon Gerber, Bel Hubert

 

 

Retrouvez ci-dessous cette chanson dans l’enregistrement de l’émission radiophonique Là-bas si j’y suis des 18 & 19 avril 2012, en 2 parties, sur le thème des exilés fiscaux :

L’exil fiscal ou le martyr des riches I

L’exil fiscal ou le martyr des riches II

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Si peu comprennent – Rap de ROCé

Je viens d’entendre récemment des propos nauséeux qui font passer les rappeurs pour des incultes… .
Bien que peu sensible au rap, je trouve le raccourci facile, cliché, dénigrant et peu creusé.

Ils se battent avec les mots et non avec les poings, n’est-ce pas déjà une preuve de lucidité culturelle ?

Évidemment, on peut se contenter d’ouvrir la radio et de déplorer les bouses musicales des motha-fucka-gangsters en perpétuelle crise d’adolescence, qui vomissent l’injustice, rabaissent les femmes et rêvent d’une pathétique gloriole bling-bling.

Mais il n’y a pas plus de déchets dans le rap que dans la variété française, dans la pop, dans le classique, dans la poésie et dans le paysage artistique en général.

L’important n’est-il pas de prendre le temps de s’intéresser ? Prendre le temps, parfois, d’aller plus loin que ce que les superficielles tumeurs commerciales nous donnent à consommer ?

C’est ainsi qu’on évite les amalgames et qu’on peut trouver du rap de qualité, où la culture des artistes jaillit avec force : dans la revendication sociale, dans la haine des travers de nos sociétés et la soif de les changer, dans l’engagement et la résistance contemporaine.

Alliant le son, le rythme et la métaphore, il a du rap mature et poétique.

Ces rappeurs, porteurs de sens, ont bien des leçons à donner aux savants élitistes dénués d’ouverture d’esprit.

Si peu comprennent

Méditons, par exemple, sur ce rap de ROCé, qui constate que « Si peu comprennent » :

 

SI PEU COMPRENNENT

Vous comprendrez donc,
que j’ai d’autres ambitions
que de jouer au rappeur voyou
repenti, reconverti en bon bougre.
Pas le temps non plus
de faire peur,
de par un exotisme banlieusard.
Je suis à la recherche de l’universel,
pas au contentement,
ou à l’agacement,
d’un pays qui vieillit dans le « sur place » du spectacle et des clichés.
Mais… si peu comprennent… si peu comprennent…

Je cache ma haine dans mes souliers, c’est ma marque de pudeur.
Mais j’ai le pied tellement lourd qu’il tape l’béton comme un marteau-piqueur.
j’peux même pas m’camoufler sous mon égo,
j’ai le bad trop profond et le cerveau à zéro.
Je m’esquive sous une pluie fine qu’un froid d’automne entraine
et je souris car j’ai compris que si peu comprennent.
La haine,
la rage et la haine,
qui me brûle et m’enchaine,
quand je rappe et bouscule les idées qu’on enseigne.

Rappeur hardcore j’ai décidé d’aiguiser ma plume,
remplacer la vulgarité par des idées qui fument,
prendre les élites à leur jeu,
jouer de leur vocabulaire,
même si ça fait moins rebelle pour les oreilles des partners.
Et il s’avère qu’on s’étonne que j’sois civilisé,
pour un rappeur c’est peu commun : « c’est un illuminé,
un évolué, un rescapé, un repenti, un des nôtres ;
encore un pied dans l’rap, mais il finira bon apôtre ».
Et d’ailleurs est-ce encore du rap ?
C’est tout c’qu’ils n’espèrent pas,
ils appellent ça « du slam » quand je fais un a-capella.
Ils sont heureux d’apprécier, ça confirme qu’ils sont d’gauche quoi,
tous ces bien-pensants qui, en tout cas, eux le croient.

Moi j’ai la haine,
la rage et la haine,
qui me brule et m’enchaine,
quand je rappe et bouscule les idées qu’on enseigne.
Je m’esquive sous une pluie fine qu’un froid d’automne entraine
et je souris car j’ai compris que si peu comprennent..

Ça c’est pour ceux qui détiennent le spectacle,
mais pour le rap c’est pas mieux.
Pour le rap :

Au pays du zoo humain, au bon plaisir des médias,
l’indigène reste à l’affiche quand l’rap fait son cinéma.
Quand la jeunesse est fond d’commerce, il est si dur de grandir,
de se sortir des fonctions autres que bourreau ou martyre.
Je ne suis pas dans vos arnaques parce qu’il y a une différence
entre un guerrier qui s’tape et des p’tit cons en manque de sens.
Alors ça joue les kaïras ; le prenez pas pour une insulte,
mais j’suis un des seuls trentenaires à rapper comme un adulte.
Ce qui nous manque c’est : organisation, fric et éducation,
intimidation, force et information.
Donc quand on rumine le même film qui prend racine,
je ferai de mon rap le hardcore que j’imagine.

J’ai la haine,
la rage et la haine,
qui me brule et m’enchaine,
quand je rappe et bouscule les idées qu’on enseigne.
Je m’esquive sous une pluie fine qu’un froid d’automne entraine ;
et je souris car j’ai compris que si peu comprennent…

ROCé, in l’album L’être humain et le réverbère, M2O Solutions/Big Cheese, 2010.

 

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