Voici une sélection de poèmes que j’ai débusqués dans un recueil d’un certain Juan Martinez, intitulé « Traité des nuits blanches ».
Je vous laisse découvrir son écriture que je trouve très belle :
Proue de la nuit
qui t’avances
sur cette terre d’écueils
Étraves, sillages, sortilèges
ne déçois pas la main
de l’étrangleur
Fragile destinée
que celle qui mêle à l’eau
le sable des songes
Ne dit-on pas de la mort
qu’elle est une coquille vide
Les villes se dressent toujours à l’ombre. Parcs ébahis
par la fureur de l’été. Nuits et désir. Laminoirs
de la solitude. Le rêve craque aux entournures.
J‘ai contracté un mal étrange : une longue toux
taciturne me séquestre depuis mon adolescence.
La poussière me troque son halo bleuté, le noir me hale.
Saxophones insurgés dans les veines. Cris gercés des
ambulances. Les buildings en transit piègent les nuits
blanches. Blues in crescendo.
Déchéance d’une génération nickelée.
Sociétés modernes, pourrissoirs.
La vie est en congé permanent ;
Recueille le sel de la plaie
pour les jours
de pureté excessive
La mort n’avilit pas :
elle t’engouffre
dans la doublure du temps
Juan Martinez, in Traité des nuits blanches, Ed. de l’AIRE, 1986.
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