Coquillages et caleçon de bain – Farces poétiques de Pierre Desproges

Fervent amateur de littérature, Pierre Desproges (1939-1988) maniait le verbe avec talent, au service du comique et du cinglant.
Il savait aussi s’en moquer.

coquillages caleçon de bain(Source de l’image)

J’ai retrouvé sur le site de l’Ina deux intermèdes d’une émission d’Antenne 2 diffusée en 1979 : « Sacha Distel à Monte-Carlo » . On y découvre, au large des côtes, un bateau de plaisance sur lequel Desproges porte en dérision la poésie et les poètes.
Sous ses airs de touriste nonchalant, il drape dans ses rimes maladroites et ses poncifs une satire du poète vertueux qui se prend au sérieux.

La poésie a trouvé là un moqueur à sa mesure.

LES COQUILLAGES

 

Ah, j’aime bien pêcher les moules et les rascasses !
On en trouve parfois en cherchant dans la mer.
Alors qu’en montagne, il y en a pas des masses.
Voit-on sur le Mont-Blanc des moules marinières ? Lire la suite…

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La complainte de Nicole du Plessis de Richelieu

Lors de la visite commentée de l’étonnant château de Brézé (Maine-et-Loire), en août 2010, la guide nous a relaté une historiette sur Nicole du Plessis de Richelieu et sa folie douce.

Nicole du Plessis de Richelieu

Sœur du cardinal de Richelieu, Nicole du Plessis de Richelieu épouse Urbain de Maillé-Brézé en 1617. Elle est décrite dans les récits de Tallemant des Réaux comme « …folle, et elle est morte liée, ou du moins enfermée. Elle croyoit avoir le cul de verre, et ne vouloit point s’asseoir. Elle eut un temps une plaisante folie ; elle croyoit avoir froid à un petit endroit au-dessus de la main, et passoit tout le jour à y mettre des gouttes de résine, quelquefois jusques à cinq cens, et puis à les oster, selon qu’il luy sembloit que la partie se reschauffoit… ».

Amusé par l’anecdote, j’ai écris cette fantaisie :

La complainte de Nicole du Plessis de Richelieu

 

Ma peau de verre,
fragile parure,
mérite douceur et précaution !

Ne voyez-vous pas luire mon séant
aux pourpres rais de l’astre vespéral ?

Je dois m’assoupir sur le ventre,
les membres liés pour parer au moindre retournement
et ménager ainsi mon précieux revers.

De grâce, domestiques, veillez à ne pas me briser
car jamais, jamais ne s’en remettrait
l’écrin profond de Brézé !

 

Guillaume Riou. Poème rédigé en 2010.

 

Château de Brézé

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