Les hiboux – Poème de Charles Baudelaire

Les hiboux

 

 

Sous les ifs noirs qui les abritent,
Les hiboux se tiennent rangés,
Ainsi que des dieux étrangers,
Dardant leur œil rouge. Ils méditent.

Sans remuer ils se tiendront
Jusqu’à l’heure mélancolique
Où, poussant le soleil oblique,
Les ténèbres s’établiront.

Leur attitude au sage enseigne
Qu’il faut en ce monde qu’il craigne
Le tumulte et le mouvement ;

L’homme ivre d’une ombre qui passe
Porte toujours le châtiment
D’avoir voulu changer de place.

 

Charles Baudelaire, in Les fleurs du mal, Ed. Poulet-Malassis, 1857.

 

Les hiboux - Charles BaudelaireLes hiboux – Eau-forte en couleur de Henry Chapront tirée des Fleurs du Mal, 1911,
Coll. Librairie des Argonautes, Paris.

 

 

 

Clefs : oiseau | faune | comportement | humain | sagesse | méditation
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