La création – Poème de Pablo Neruda

LA CRÉATION

 

Cela survint au sein du grand silence
lorsque l’herbe naissait,
la lumière venait de se déprendre
créant le vermillon et les statues,
alors
dans la solitude sans fin
un cri fleurit,
une chose roula en larmes,
les ombres s’entrouvrirent et elle monta seule,
on aurait dit que les planètes sanglotaient,
et puis l’écho
roula de cahot en cahot
jusqu’au moment où cela qui naissait se tut.

Mais la pierre a gardé le souvenir.

Elle a gardé le mufle ouvert des ombres,
la palpitante épée du hurlement,
et dans la pierre gîte un animal sans nom
qui, sans voix, hurle encore vers le vide.

 

Pablo Neruda (1904-1973), in Les pierres du ciel, Gallimard, Coll. « Du monde entier », 1972. Traduction de Claude Couffon.

 

FuiteSource de l’image : http://www.flickr.com/photos/jchants/7980106917/

 

Partager
Facebooktwitterredditpinterestlinkedintumblr
Lien pour marque-pages : Permaliens.

2 Commentaires

  1. Françoise Belmain

    bonjour Guillaume, je découvre ce soir ton blog et je suis toute émue de savoir que j’ai côtoyé un grand poète sans le savoir lors du stage Lecture à voix haute … je pense passer de longs moments à explorer tous les recoins de ce blog et ainsi m’approprier toutes tes découvertes. merci

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *