Bivouac en hiver – Poème de Erich Fried

J’ai récemment découvert la plume du poète autrichien Erich Fried (1921-1988) au travers du recueil « Cent poèmes sans frontière ».

Je suis sensible à sa poésie. Ses vers mélancoliques et percutants font mouche.
Il nous laisse entrevoir à la fois sa douleur de juif exilé et sa force d’écrivain engagé.

BIVOUAC EN HIVER
(Winterliches Biwak)

 

Nos feux clairs et joyeux
où s’en sont-ils allés ?
Ceux qui se le demandent sont assis frileux
par groupes de deux ou trois
et seul brille le froid

Mes bras se serrent contre ma poitrine
ma poitrine se serre contre mon cœur
mon cœur se serre contre ma peur
et à l’intérieur
qui sait ?

Un oignon qui hiberne avec peine
et le froid y mord et ça le fait pleurer
Les malins mastiquent acharnés le mets glacé
Nos feux clairs et joyeux
où s’en sont-ils allés ?

 

Erich Fried, in Cent poèmes sans frontière, Ed. Christian Bourgeois, 1978. Recueil (100 Gedichte ohne Vaterland, 1978) traduit de l’allemand par Dagmar et Georges Daillant.

 

Bivouac en hiver

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