Mallarmé, professeur de morale – Texte de Michel Leiris

Mallarmé, professeur de morale

 

On s’en est pris ces temps derniers et fort lourdement à Mallarmé, « champion de la tour d’ivoire », « professeur dont toute la « vie » s’est passée entre les quatre murs d’un lycée et ceux d’une salle à manger-bureau », sans compter le qualificatif de « chancre » et celui d’ « origine de nos maux ».

Il est bien significatif qu’en cette époque d’éhonté galvaudage — où pullulent plus que jamais les plumitifs vendus, où tant de nos grands hommes (dont les vies données pour exemplaires servaient jadis d’illustrations pour les livres de morale) sont regardés comme tout juste bons à être les enseignes de l’Etat-Casino quand il met en œuvre l’expédient de la Loterie nationale — il est, certes, dans l’ordre de cette période d’officielle démoralisation que des représentants de la jeunesse en viennent à reprocher à un poète d’avoir été trop « pur » et de n’avoir consenti, sa vie durant, aucune concession au désir de succès non plus qu’au besoin d’argent. Lire la suite…

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