Aux gavés – Poème d’Hippolyte Raullot

AUX GAVÉS

Vous dites qu’elle est folle et vous avez raison
Elle est folle à lier, dédaignant tout pour elle ;
Son esprit n’a qu’un but, son cœur qu’un horizon,
Le sort du malheureux absorbe tout son zèle.

On ne dira jamais que, manquant à l’honneur,
Elle ait fait ici-bas une œuvre intéressée ;
Sa folie est bien douce ; elle hait l’oppresseur,
Et combattre le mal est sa seule pensée.

Quand elle voit souffrir une femme, un enfant,
Que le gîte est sans pain et l’homme sans ouvrage,
La folle se dépouille et, miracle touchant,
À ces désespérés elle rend le courage.

L’histoire est incarnée en ce noble cerveau,
Du peuple elle connaît les injustes tortures ;
La folle s’offrirait avec joie au bourreau
Pour vaincre la misère et guérir ses blessures.

Traitez-la donc de folle, ô cyniques poltrons,
Et vivez grassement dans vos riches demeures ;
Elle vous crie à tous : « Sous les simples haillons,
J’ai toujours rencontré les natures meilleures. »

Hippolyte Raullot, 1890. Mentionné par Flor O’Squarr, in Les Coulisses de l’Anarchie, Ed. Albert Savine, Paris, 1892.

Louise Michel - Portrait
Portrait de Louise Michel pris à la prison des Chantiers de Versailles.
– Conservé au musée Carnavalet
Le carton porte l’inscription « Louise Michel, chef des incendiaires ».

Clefs : Hippolyte Raullot, ouvrier à Châteauneuf-sur-Cher | défense | Louise Michel (1830-1905) | La Commune de Paris | figure populaire et révolutionnaire | femme militante, sous les feux de la critique | mouvement ouvrier

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