Lettre ouverte pour la conservation des blogs et sites

Parallèlement à l’arrivée du web 2.0, de plus en plus de particuliers créent leur propre espace virtuel sur Internet. Plus qu’une mode, il s’agit d’une évolution culturelle. Elle concentre une véritable manne de créations humaines : littéraire, artistique, scientifique, politique et sociologique.

conservation - archivage du web

Si nous ne réagissons pas rapidement pour sauvegarder ces Blogs et Sites Internet, les générations futures pourront nous accuser d’avoir laissé tout un pan de notre activité culturelle sombrer dans l’oubli et disparaître.

En effet, au premier abord, on peut se dire que ce qui est écrit, créé, reproduit, commenté… sur ces espaces Internet d’échanges et d’expression est futile et creux. Mais je vous invite à surfer de plus près : il y a des richesses lovées dans la production des internautes. Il y a aussi du travail, du sérieux, de la connaissance et des critiques.

Dans tous les domaines, des amateurs passionnés, parfois spécialistes, apportent leur pierre à la culture, aux débats et à l’accès aux sources culturelles. Doit-on n’en garder trace ? Permettez-moi ici de vouloir secouer les esprits… j’ai un sentiment d’inconscience collective face à ce problème de non-conservation des productions du Web.

Certes la Bibliothèque nationale de France s’est lancée dans un projet gargantuesque de conservation de la toile… mais, seule, elle ne peut pas grand chose. Elle est obligée de trier les sources et d’effectuer des sauvegardes ciblées. Évidement, le blog type de monsieur Tout-le-monde passe au travers… et je m’inquiète de voir s’éteindre des sites de particuliers et blogs divers sans qu’aucune trace de leur existence et de leur contenu n’ai été conservée.

Si un webmaster lambda veut sauvegarder correctement son site aujourd’hui, il doit faire des backups approximatifs ou appel à des entreprises privées de conservation (moyennant finances) : autant dire que c’est donc rare.

À la mort d’un blogueur, si personne ne reprend le site, tout ce qui a été mis en ligne est-il voué à l’extinction ?

Combien de discours, d’études, de déclarations, de poèmes, de dessins, de morceaux de musique, de débats politiques, d’analyses, de documents rarissimes scannés, de journaux personnels, de photos… ont déjà été engloutis par le vide, perdus à jamais au détriment des peuples et de leur histoire ? On parle régulièrement du trou de la couche d’ozone… qu’en sera-t’il du trou de la souche culturelle ?

internaupithèque


Le défi n’est pourtant pas insurmontable ! À la seule condition d’une prise de conscience des politiques, des élus et des professionnels du secteur culturel. Si chaque ville, chaque commune, chaque bibliothèque ou centre d’archives se donne pour objectif de sauvegarder les blogs et sites des citoyens de sa localité… alors oui, nous pouvons espérer garder ces empreintes socio-culturelles du début XXIe siècle !

Nous pouvons même imaginer un partenariat entre les citoyens et leur commune : chaque webmaster aurait le souci de déclarer l’existence de son site et sa commune s’engagerait, dans un souci de service public, à le conserver.

Cette conservation a plusieurs desseins : constitution d’un fond virtuel des créations, d’une collection patrimoniale des richesses du web, d’une empreinte sociologique de nos comportements, échanges et centres d’intérêts.

Les moyens ? me direz-vous… certes, sauvegarder autant de productions virtuelles nécessite des disques durs énormes et évolutifs. Mais rien d’extraordinaire sur le budget d’une commune. Avec le perfectionnement des technologies, un pièce de taille raisonnable peut héberger une large série d’Unités centrales « avaleuses de sites ». Ces dernières n’auraient qu’à sauvegarder par suivi de la liste des URL toutes les créations du web. Constituant à terme un stock exploitable et reproductible (reste à régler le problème de format de conservation et son évolution…).

Alors, avis aux pionniers ! Élus, conservateurs, bibliothécaires, archivistes… il est grand temps de prendre des mesures sensées en faveur de la conservation culturelle de ce fleuve en crue perpétuelle qu’est le Web !!!

Guillaume Riou

conservation des blogs et sites

Clefs : big data | lettre ouverte | enjeu patrimonial | volonté politique | web archives | webmestre | anticipation | politique culturelle

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5 Commentaires

  1. Des efforts sont déjà faits par plusieurs pays : cf. IIPC http://www.netpreserve.org/about/index.php dont la France : http://www.bnf.fr/pages/infopro/depotleg/dli_intro.htm Cordialement, DS

  2. Michel Rendu, via biblio-fr

    Réaction au lien envoyé vers cet article, via le site Biblio-fr : J’ai été surpris par le message de notre collègue d’Annecy. Pour ce qui est de la conservation des «blogs» ou des sites personnels, je n’en vois pas trop l’intérêt. J’en suis parfois un lecteur inattentif et désabusé, égaré par les réponses approximatives de mon moteur de recherche à qui j’ai autre chose à faire que d’adresser une requête structurée comme on apprend à le faire dans les écoles. Que de bla-bla, que de propos vides, que de « moi-je » qui sentent la névrose à plein pif. La «blogosphère», c’est quand même pas la bibliothèque d’Alexandrie. Contrairement à ce que prétend la lettre ouverte que nous invite à lire notre collègue, il y a dans cette prolifération de « blogs » un phénomène de mode assez indigeste dont il faut espérer qu’il cessera un jour. Nous y sommes peut-être déjà. Certains blogs de bibliothèques universitaires annexés à la page d’accueil de leur site ne comptent que deux ou trois malheureux articles sans intérêt qui se battent en duel et qui commencent à dater. Après tout, les parcs d’attraction à thème ne font plus florès, les Vulcanoscopes et Futurania, qui ne sont guère que des parcs de loisirs à prétexte scientifique, ne se portent pas très bien non plus. Il y a de l’espoir donc. La « culture culturelle » (pas celle qui embête le monde avec la Princesse de Clèves ; mais celle qui est fédératrice, festive et n’est pas élitiste (pas bien l’élitisme !) ; celle qui occupe, distrait et favorise une nouvelle sociabilité sur fond de virtuosité bricoleuse ; celle qui est soluble dans l’animation [culturelle] et l’activité [culturelle] ; celle qui est accessible à tous via les biens [culturels] dont sont équipés les « ménages ») est régie par une loi d’airain qui condamne tout ce qui en relève à passer de l’enthousiasme factice à la lassitude sans retour. Tout ce qui a fait fureur un temps finit par s’essouffler. Il en sera de même pour les blogs. Je ne pense pas que la grande majorité d’entre eux mérite une sauvegarde a priori, une conservation préventive qui protégerait d’office des outrages du temps et des insultes de l’histoire tout ce qui fait le caractère précieux et irremplaçable de nos moindres faits et gestes d’hommes d’aujourd’hui. (Imaginons que les hommes du XVIIIe siècle aient décidé de conserver toutes les cartes à jouer qui leur étaient passées entre les mains, pour bien montrer à ceux qui leur succèderaient combien ils aimaient jouer aux cartes, que diable en ferions-nous ?). Il y a un tic de pensée assez répandu dans les bibliothèques qui consiste à s’effrayer de la masse des documents qui se sont perdus au fil du temps et dont nous sommes réduits à conserver quelques bribes miraculeusement préservées. Non seulement nous sommes mortels, ce qui est assez angoissant, il faut bien l’avouer, et reste vrai même en période où le web 2.0 fait rage, mais en plus rien ne nous garantit que nous serons traités par l’histoire avec plus de ménagement que les générations qui ont précédé la nôtre. Cela dit, il faut voir le bon côté des choses, imaginons ce que penseraient de nous nos descendants si toutes les traces de ce que nous sommes leur parvenaient sans qu’un minimum de tri ait été fait auparavant. Quelle nausée pour eux ! Quelle masse inextricable de documents redondants et de peu d’intérêt ! Pas sûr que ce legs monstrueux que nous souhaiterions leur faire soit reçu avec gratitude. Nos descendants auront à vivre leur vie d’hommes de demain (Ce serait un comble s’il en était autrement. On les y a assez préparés. On n’a même fait que ça de l’école maternelle à l’Université) et si cette vie d’hommes de demain leur laisse aussi peu de temps (pour cause de technicisation à outrance) qu’à nous notre vie d’hommes d’aujourd’hui, qu’iraient-ils faire du témoignage exhaustif des états d’âme de cette génération indiscrète et envahissante qui aurait décidé de ne rien laisser perdre de ce qu’elle fut ? Heureusement pour tout le monde, les aléas du temps comme il va, les soubresauts de l’histoire, les coups de dés et le hasard se chargeront bien de faire le ménage. Cela dit, ce qui m’amuse dans le message de notre collègue, c’est qu’il s’inscrit dans la parfaite circularité de l’autoréférence. Monsieur Guillaume Riou d’Annecy adresse un mail à « biblio.fr » où il attire l’attention des abonnés sur une lettre ouverte qui se trouve sur un site nommé « poussière virtuelle » où l’on peut lire de nombreux écrits, poétiques notamment, signés d’un certain Guillaume Riou, de nombreux articles de Guillaume Riou consacrés à Annecy, des liens qui pointent vers des sites Internet maintenus par Guillaume Riou. Donc l’auteur du mail à « Biblio.fr » a, comme qui dirait, oublié de nous dire qu’il était un peu l’auteur de la lettre ouverte qu’il nous invite à lire. Etrange pudeur dans une démarche qui n’est pas, pour le reste, tout à fait indemne d’arrière-pensées promotionnelles. Cela dit, cela n’est pas inintéressant de constater combien tout ce qui dérive techniquement du Web favorise un enroulement sur eux-mêmes des discours et des savoirs parfaitement étouffant et à terme décérébrant. Le Web agit comme une essoreuse qui vous malaxe et vous centrifuge le logos. A la fin, il n’en reste plus rien que des documents, comme des feuilles desséchées qui se détachent d’un tronc mort. Quand tout ne sera plus que documents, c’est que nous aurons cessé de penser. Je sais que je ne suis pas très charitable et que j’ai le sarcasme facile. Mais je plaide la légitime défense. J’ai le sentiment que le degré assez élevé de maîtrise technique qu’il faut pour construire et maintenir sur la durée un « blog » un peu élaboré, l’investissement en temps que cela requiert font qu’on finit par s’illusionner sur la valeur intrinsèque de ce qu’on y trouve. L’adage latin qui dit que les paroles s’envolent et que les écrits restent (verba volant, scripta manent) semble perdre de sa pertinence. La masse d’écrits inconsistants qui circule dans la « blogosphère » a fait naître un troisième cas de figure qui n’était pas prévu par la double proposition classique. Les écrits volent désormais tout aussi légèrement que les paroles. La perte de toute forme de vergogne devant l’écriture, la facilité déconcertante avec laquelle circule cet écrit d’un nouveau type fait qu’il se dénature. Le « blog », c’est l’avènement d’un simulacre d’écrit qui n’est que de la parole en conserve. L’idée qu’un blog qu’on aurait conçu et alimenté nous donnerait le droit de tenter notre chance auprès de la postérité et nous mettrait en position avantageuse pour le fameux « quart d¹heure warholien » me semble assez pathétique, or c’est un peu ce qui justifie la proposition de conservation intégrale de notre collègue. Tenez, pour finir ce message un peu long, un sonnet d’Alain Bosquet extrait de son recueil « Sonnets pour une fin de siècle ». Cela date de 1980 environ. En fait, c’est un pseudo sonnet, sans rime, sans césure à l’hémistiche, une sorte de sonnet pour rigoler. Disons que ce poème un peu ironique décrit assez bien le terreau d’impatience existentielle, qui nous enjoint de nous produire et de nous répandre en toute circonstance, sur lequel s’est édifiée la «blogosphère». INTERETS ET PROFITS Si vous avez un cœur, c’est simple : faites-lui de la publicité, dans les hebdomadaires et les journaux. Si vous avez, fût-il très vague, avec un petit bruit de branche qui s’émeut là-haut sur le tilleul, un semblant de beau rêve, avertissez les mass media. Si vous avez dans le coin du poumon un soupir qui s’agite, ne le gardez jamais pour vous : d’autres messieurs voudront connaître un homme aussi sensible et fin. S’il vous vient une joie, vendez-en la recette : le siècle est à l’affût de tous les produits neufs. Si vous avez une âme et qu’elle est présentable, nous vous recommandons un comité d’experts qui vous dira comment on en tire profit. M. RENDU Centre de documentation de l’INSA de ROUEN

    • Suite à la réaction de notre collègue de Rouen, Michel Rendu, (réaction qui prouve qu’il y a matière à débattre) je me permets de poster ici une liste de quelques blogs qui ruinent, par leur simple existence, ses remarques élitistes :

      http://www.bibliobsession.net/

      http://blogingenieurinsalyon.fr/

      http://remue.net/

      http://blog.allumesdujazz.com/

      http://barnaythrillers.blogspot.com/

      http://tatieva.canalblog.com/

      http://remimogenet.blog.tdg.ch/

      http://francois-matton.over-blog.com/

      http://lesenfantsdelacreatique.blogspot.com/

      http://quichottine.over-blog.com/

      http://jancet.blogg.org/

      http://livresrares.over-blog.com/

      http://www.leblogculture.com/

      http://glop-ou-pas-glop.over-blog.com/

      Mr Rendu ayant une belle plume et une culture générale sans aucun doute très large, je me permets de l’inviter à créer son propre blog !

      Le patrimoine nous apprend, chaque jour un peu plus, que la qualité et la valeur culturelles se trouvent aussi présentes dans les brochures, les journaux et correspondances que dans les grands traités, encyclopédies ou manuels scolaires. Pourquoi en serait-il autrement pour la toile Internet ?

      Lancer une campagne nationale ou locale de conservation du Net via les bibliothèques et archives n’est pas d’une difficulté ni d’un coût énormes et ne nécessite qu’une volonté politique.

      Si, à l’avenir, nos descendants pensent comme notre collègue que ce n’est là qu’un ramassis de futilités ils trouveront, j’en suis sûr, les moyens d’appuyer sur DELETE.

      Je ne suis pas opposé au fait de trier le bon grain de l’ivraie.
      Mais mieux vaut pour l’instant parier sur « trop » de sources que « pas assez », d’autant que l’informatique nous offre l’avantage de compresser au maximum les documents conservés.

      Alors, j’en conviens, ce n’est là qu’une « carte à jouer » du XXIeme siècle, parmi d’autres ; mais serait-ce un As ?

      Citation de René Char pour clore ce commentaire : « Hâte-toi, hâte-toi de transmettre ta part de merveilleux, de rébellion, de bienfaisance. » (in Commune présence)

      Guillaume Riou
      Bibliothèques d’Annecy

    • Commentaire posté via Biblio-fr : Bonjour à tous, Depuis Esope : le blog, comme la langue, est la meilleure ou la pire de choses. Je reste fidèle à biblio-fr car la liste donne une certaine T° du métier, mais d’accord sur le vide sidéral de certains blablas qui par ailleurs ne nuiront qu’à leurs auteurs ou… les rendront heureux. Nous vivons une époque moderne disait certain chroniqueur matutinal. Et puis, c’est tout de même pas mal de pouvoir s’exprimer, même si ce qui ce conçoit bien devrait s’exprimer clairement et brièvement 😉 Paix et fraternité à tous. Louis K.

    • Réponse à la réaction de Mr Rendu, via le site Biblio-fr : Monsieur Rendu, le ton de votre lettre montre effectivement que l’on pourra vous compter du côté de la force obscure, suffisant de certitude, peu magnanime et finalement disposant d’une tournure d’esprit plutôt étroite. Beaucoup de contre-arguments pourraient vous être retournés sans effort. Tout d’abord, en vous attaquant à la proposition de Mr Riou, vous vous attaquez au principe même de l’expression et lorsque vous évoquez son auto-référencement on croit rêver. En effet votre texte ne fait état d’aucune référence à un auteur, à une analyse, à une étude. L’auto-suffisance n’est-elle pas un mal bien plus profond que l’auto-référencement ? Je ne vois rien dans votre texte. Pas un site à nous recommander ou à nous décommander. Ah si pardonnez-moi, il y a une référence, la référence des références, celle que l’on met en avant quand on a peur du noir à savoir la « bibliothèque d’Alexandrie » qui vous éclaire et vous réchauffe de son mythe protecteur. Pour que vous soyez moins sec sur la question, je vous recommande donc le site web de la bibliothèque d’Alexandrie : http://www.bibalex.org/french/index.aspx et vous verrez par des faits tangibles, par son projet, par l’engagement de ses conservateurs et de son personnel que la bibliothèque d’Alexandrie s’est dotée d’un volet numérique essentiel, fondamental pour lui assurer un avenir à la dimension de son histoire. Pour pourrez même vous documenter sur les questions liées à la conservation numérique en vous rendant sur le site de la bibliothèque de San Francisco qui copilote précisément avec la bibliothèque d’Alexandrie ce projet énorme de conservation de sites web depuis plus d’une dizaine d’années : http://www.bibalex.org/isis/Frontend/archive/Archive_Web.aspx . Si vous n’êtes pas encore convaincu, je vous invite à participer à cette conférence toujours organisée par la B:A dont l’intitulé est le suivant « Le Rôle des Bibliothèques dans la Liberté d’Expression, la Tolérance et l’Accès à l’Information » qui se déroulera du 7 au 9 octobre 2008 (le hasard est vraiment fabuleux). En ce qui concerne le propos sur la blogosphère, je vais faire simple. Je me demande si on peut dire de François Bon qu’il tient des propos bla-bla, des propos vides de sens lorsqu’il appelle à participer par le biais de ses sites/blogs à agir pour une forme de littérature contemporaine, communicative, complémentaire des classiques http://www.tierslivre.net/formes induites par des usages intelligents http://chi.ocsha.com/, sensibles htp://lescorpsempeches.net/corps/?page_id=10, créatifs et culturels http://www.veroniqueaubouy.fr/ . J’ai choisi le champ littéraire mais j’aurais pu prendre n’importe quel champ de la connaissance. La forme et la nature des outils de publication (outils sociaux) : blogs, sites, wikis, chats, mails, permettent de nouvelles formes d’écriture et donc de littérature http://www.cyclocosmia.net/. On est loin du vide. En ce qui concerne le côté informationnel, reportez vous à l’excellent travail d’analyse sur la blogosphère : http://www.ouinon.net/ . Vous verrez il y a beaucoup d’images. Quant à l’effet de mode cela me semble bien compromis puisque c’est l’ensemble des activités intellectuelles et économiques qui se dotent de ces outils, autant de « traces sociales » qui aideront les futurs historiens à comprendre nos sociétés s’ils sont conservés à bon escient.
      Un mot également sur votre tirade autour de la carte à jouer. Là aussi grande méconnaissance, d’une pratique culturelle qui a accompagné et même marqué l’histoire politique et culturelle de notre pays, de ses provinces (pour ne pas parler de l’Europe toute entière). Je vous recommande les deux excellents ouvrages d’Henry René d’Allemagne sur « l’Histoire de la carte à jouer des origines à nos jours », objet culte chez les bibliophiles, formidable vulgarisateur et que votre bibliothèque municipale doit posséder sans aucun doute. Vous y apprendrez comment des gens ont appris à lire et à écrire grâce aux cartes à jouer, comment ils ont vécus ensemble (jeux de société), comment des philosophes et pas des moindres (Voltaire, Nietzsche) et quelques scientifiques (Séguier) ont utilisé le dos des cartes à jouer pour écrire aphorismes et pensées philosophiques… Pour terminer, je vous recommande peut être le projet le plus prometteur http://www.hypernietzsche.org/doc/files/HyperNietzsche.pdf ; sans doute le plus emblématique quant à la prise en charge et à la mise en phase sociale d’une œuvre 150 ans après sa création . http://www.nietzschesource.org/ le projet cherche, entre autre, à fédérer l’ensemble des écrits numériques (blogs compris) afin de travailler à une genèse de qualité débarrassée des distorsions, des réécritures et traductions malencontreuses ou orientées afin d’avoir une compréhension peut être plus fidèle à sa pensée, à sa volonté d’alors. Je ne peux que vous recommander de participer vous aussi à ce projet, en créant votre propre blog et nous faire partager ainsi vos remarquables et subtiles considérations fort prometteuses sur l’homme d’aujourd’hui et l’homme de demain, variations sublimes que vous avez commencé à développer brillamment dans votre lettre. A noter que ce projet a été mis sur pied par le biais de l’essoreuse web du CNRS, un collectif de jeunes amateurs de culture culturelle. Voilà quelques remarques quant à votre article.
      Si j’avais une chose à vous recommander c’est de travailler davantage votre rhétorique l’ironie étant beaucoup plus constructive que l’art du dédain. Alexandre Simonet.

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