Des anthropophages en Savoie ?

Dans le cadre de mon travail, j’ai découvert un texte assez surprenant dans un ouvrage du XIXe siècle, intitulé « Bourdeau, son château féodal, le Mont-du-Chat et le lac du Bourget ».
Bonne lecture ! (de préférence en dehors des heures de repas…)

 

Les anthropophages

 

Outre le cimetière romain, on a trouvé au col du Mont-du-Chat une fosse énorme remplie d’ossements humains et des débris de ces mêmes ossements répandus de toutes parts. Cela m’a porté à supposer que peut-être des anthropophages ont anciennement habité ces parages.
Cette supposition peut devenir vraisemblable, si l’on considère qu’il est aujourd’hui démontré que les habitants primitifs de l’Europe étaient cannibales et avaient la manie des sacrifices humains.
Est-il besoin de remonter si haut ? Qui n’a lu les lamentables récits des brigandages, qui se commettaient sur nos voies publiques avant les croisades ? N’est-il pas avéré que, durant les famines des IXe, Xe et XIe siècles, on se livra à l’anthropophagie ? Hélas ! Ne sais t’on pas que dans différentes provinces de la France, de 1030 à 1033, les horribles tourments de la faim poussèrent le peuple aux actes de la plus affreuse barbarie ? N’a-t-on pas vu des bandes de faméliques se retirer dans les forêts, arrêter les voyageurs sur les routes, les égorger, les dévorer ensuite ; et, ce qui est plus hideux encore, mettre la chair de leurs victimes en vente dans les marchés publics ?
En 1632, les forêts de la Lorraine n’ont-elles pas été témoins de nouvelles monstruosités de cette nature ; monstruosités dont la simple idée fait frissonner d’horreur ? Enfin, les ossements humains des grottes de Savigny dans la Chambotte, sur les bords du lac du Bourget, n’ont-ils pas récemment fourni à MM Lepic et de Quatrefages des observations qui viennent confirmer ces données historiques, en ce qui concerne la Savoie ?

Quoi qu’il en soit, une tradition rapporte que l’on faisait au Mont-du-Chat des pâtés de chair humaine, que l’on expédiait à Lugdunum (Lyon), où ils jouissaient d’une grande renommée auprès des gastronomes, raffinés dans le luxe de la gourmandise.
Cette tradition s’appuie d’un argument tiré de Maltacena (ancien nom rattaché au Bourget) ; nom qui est relié à l’un de ses hameaux (La Matassine), situé sur la voie romaine, où l’on arrêtait les passants pour les mater.

 

Me Mailland (notaire, membre de l’Académie de Savoie), in Bourdeau, son château féodal, le Mont-du-Chat et le lac du Bourget, Ed. à Chambéry en 1875.

 

Je suis sûr que si Armin Meiwes pouvait lire ce texte depuis sa cellule, il me laisserait un commentaire croustillant…

Saturne par Goya - Des anthropophages en SavoieSaturne dévorant un de ses enfants – peinture de Goya

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