Tout est affaire de philosophie… – Texte de Jean-Pierre Naugrette

Socrates - Footballeur brésilien - Tout est affaire de philosophieSócrates (1954-2011) – Milieu de terrain international brésilien.

 

Tout est affaire de philosophie…

 

Une vieille émission des Monty Python représente un match de « Philosophie internationale » à l’Olympiastadion de Munich entre une équipe de philosophes grecs opposée à une équipe de philosophes allemands. Les Grecs sont vêtus en toges, les Allemands en costumes d’époque XVIIIe-XIXe.
Allemagne : Leibniz, Kant, Hegel, Schopenhauer, Schelling, Beckenbauer, Jaspers, Schlegel, Wittgenstein, Nietzsche, Heidegger.
Grèce : Platon, Épictète, Aristote, Empédocle, Plotin, Épicure, Héraclite, Démocrite, Socrate, Archimède.
L’arbitre, Confucius, apparaît flanqué de ses deux juges de touche, saint Thomas d’Aquin et saint Augustin, avec deux auréoles derrière la tête.
Seul Franz Beckenbauer, un peu surpris d’être en telle compagnie, et de jouer milieu de terrain avec Jaspers, est le vrai joueur de foot sur le terrain. Les Monty Python n’ont-ils pas voulu reconnaître en lui une certaine capacité à philosopher ? Au coup d’envoi, les joueurs préfèrent argumenter, marcher, palabrer, plutôt que jouer.
Le ballon reste dans le rond central.
Les philosophes réfléchissent. Les cerveaux s’échauffent. Nietzsche reçoit un carton jaune.
Karl Marx, encore en survêtement, se prépare le long de la ligne. Bientôt, son entraîneur Martin Luther le fait entrer.
Au bout d’un certain temps, c’est-à-dire peu avant le coup de sifflet final, Archimède pousse un grand « Eurêka! ».
Les Grecs ont compris qu’il fallait se servir du ballon.
Ils font une descente dans le camp allemand, et, sur un centre, Socrate marque de la tête. Le commentateur anglais précise, s’il en était besoin, qu’il s’agit du but le plus important de sa carrière.
Les Allemands protestent auprès de l’arbitre, qui siffle bientôt la fin de la partie.
La philosophie grecque l’emporte sur la philosophie allemande 1-0.
Après tout, un grand joueur brésilien des années 90 s’appelait Sócrates.

 

Jean-Pierre Naugrette, in Pelé, Kopa, Banks et les autres… les dieux de mon enfance, Ed. La Différence, 2014

 


The Philosophers’ Football Match – Sketch des Monty Python

 

 

 

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