La légende du Kerdeck – Poème de Jean-Louis Dubut de Laforest

La légende du Kerdeck

 

C’est fête patronale au Kerdeck, en Bretagne,
Ivon roi des binious, Ivon jeune et charmant,
Mène le bal, et gai comme un appel d’amant
Le biniou fait vibrer la grève et la montagne.

Seul, Ivon chante encor, vers le soleil mourant :
Plus doux est son refrain, plus noire est la campagne !
L’homme tremble d’amour, quand du flot qui le gagne,
Une femme s’élance et des bras l’entourant : Lire la suite…

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Enivrez-vous – Poème de Charles Baudelaire

ENIVREZ-VOUS

 

Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous. Lire la suite…

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Parfum exotique – Poème de Charles Baudelaire

Parfum exotique est une rêverie où se mêlent la muse noire du poète, Jeanne Duval, et la beauté de l’archipel des Mascareignes. Baudelaire y voyage en 1841 et écrit dans son poème en prose « Déjà » : « … c’était une terre riche et magnifique, pleine de promesses, qui nous envoyait un mystérieux parfum de rose et de musc, et d’où les musiques de la vie nous arrivaient en un amoureux murmure. » (in Œuvres complètes de Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose, XXXIV, Ed. Michel Lévy frères, 1869).

À l’ami Bernard (discret Libertador), pour qui ce sonnet récité de tête dans les soirées bien arrosées sert de jalon pour évaluer l’ampleur de l’ivresse : Lire la suite…

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Berger d’abeilles – Poème de François Fabié

Ce poème du XIXe siècle, signé François Fabié (1846-1928), nous parle d’un temps que les grands pollueurs que nous sommes ne peuvent plus connaître… .

Au fait : ça ressemblait à quoi une abeille ?

Berger d’abeilles

 

Le doux titre et l’emploi charmant :
Être, en juin, un berger d’abeilles,
Lorsque les prés sont des corbeilles
Et les champs des mers de froment ;

Quand les faucheurs sur les enclumes
Martèlent la faux au son clair,
Et que les oisillons dans l’air
Font bouffer leurs premières plumes !

Berger d’abeilles, je le fus,
A huit ans, la-bas, chez mon père,
Lorsque son vieux rucher prospère
Chantait sous ses poiriers touffus. Lire la suite…

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Le vieux réac – Poème satirique d’Alexandre Agnellet

Alexandre Agnellet fait partie des poètes satiriques dont j’ai pu apprécier la lecture.
Je ne sais rien de cet auteur, mais j’ai pu observer le contexte de son époque, au prisme de ses vers, dans le recueil « A tort et à travers » publié en 1892.

Il n’est pas tendre avec ses cibles, souvent les politiciens de l’époque, comme le célèbre général Boulanger (dans le poème « Vive Boulange », page 65-66).

Ce poème « Le vieux réac » vise sûrement une figure précise du monde politique de cette fin de XIXe siècle, mais laquelle ? En tous cas, la satire n’est pas démodée et pourrait convenir à bien des agitateurs actuels…

 

LE VIEUX RÉAC

 

Son crâne peu meublé balance trois cheveux,
Souvenirs des combats, terminés en défaites ;
L’œil est terne, et le corps qui se replie en deux,
Pour être ainsi courbé, subit bien des tempêtes,
Triste et pâle flambeau qui jamais n’a brillé,
Pour mordre n’ayant pas la mâchoire assez forte,
C’est à peine s’il peut, ce cerveau dépouillé,
Aboyer faiblement la plainte qu’il apporte. Lire la suite…

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Épître amoureuse d’un confiseur – Poème de Joseph Guasco

Parmi les curiosités poétiques que j’ai lues au cours de mes recherches, se trouve un mince fascicule contenant un poème écrit au XIXe siècle par un confiseur cannois du nom de Joseph Guasco.

Épître amoureuse d'un confiseur

Je ne sais quasiment rien de ce commerçant provençal amateur de poésie. Je n’ai retrouvé sur internet qu’une photo d’une boîte de bonbons ancienne qui porte son nom :

Boite Joseph Guasco

Si vous en savez plus n’hésitez pas à laisser un commentaire.  [voyez les commentaires ci-après laissés par l’arrière arrière petite fille de Joseph Guasco]

Ce qui est certain, c’est que je ne pouvais laisser aux oubliettes ce « monologue en vers » qui met en poésie érotisme et sucreries ! Lire la suite…

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À la musique – Poème d’Arthur Rimbaud

À LA MUSIQUE

Place de la gare, à Charleville

Sur la place taillée en mesquines pelouses,
Square où tout est correct, les arbres et les fleurs,
Tous les bourgeois poussifs qu’étranglent les chaleurs
Portent, les jeudis soirs, leurs bêtises jalouses.

— L’orchestre militaire, au milieu du jardin,
Balance ses schakos dans la Valse des fifres :
— Autour, aux premiers rangs, parade le gandin;
Le notaire pend à ses breloques à chiffres ; Lire la suite…

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Les pommes de terre – Poème de Jean-Baptiste Claray

L’inspiration peut trouver sa source dans les détails les plus anodins de la vie. En voici la démonstration, avec ce chant poétique sur… les pommes de terre.
En fait, pas si anodins que cela, car la pomme de terre, comme le pain et le fromage, tenait une place importante dans l’alimentation de nos aïeux.

Autrefois, le rapport à l’aliment était sans nul doute différent de notre approche actuelle très consumériste. Combien d’enfants aujourd’hui ignorent où et comment poussent les pommes de terre du supermarché ?

L’auteur de ce texte, Jean-Baptiste Claray était instituteur à Chamonix dans la première moitié du XIXème siècle. Il publiait régulièrement des poèmes dans la presse lyonnaise.

 

LES POMMES DE TERRE

 

Dans l’univers silence et paix,
Qu’au fond des bois l’écho sommeille,
Que sous le chaume et sous le dais
On ouvre une attentive oreille ;
Le nouveau sujet de mes chants
Eût été digne de Voltaire,
Muses, prêtez-moi ses accens,
Pour chanter les pommes de terre. Lire la suite…

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La plainte du Fou – Poème de Tancrède Martel

La plainte du Fou

 

Tout en humant, rempli d’une ivresse divine,
L’âcre et lourde senteur d’un beau rêve, ce soir
Je me suis élancé vers la gaze argentine
De l’Éther, ou plutôt je m’y suis laissé choir.
Je crois entendre, au fond de ma vaste poitrine,
De nombreux cavaliers, habillés de drap noir,
Hurler en galopant sur la poussière fine
De ce vaste désert qu’on appelle l’Espoir. Lire la suite…

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