Banian de Madras – Poème de Jean Orizet

BANIAN DE MADRAS

 

À Madras, dans le parc de la Société théosophique, se dresse un banian : il est censé être le plus vieux du monde. Son immobilité n’est qu’apparente; siècle après siècle il se déplace en se multipliant selon un cycle végétatif qui s’exerce de bas en haut comme de haut en bas : les racines, jaillissant vers la lumière, deviennent troncs, branches, et celles-ci, redescendant vers le sol pour y pénétrer, s’y font racines à leur tour, lesquelles engendreront d’autres troncs, d’autres branches aussi. Des fûts se dressent, s’entrecroisent et l’arbre, doucement, forge sa propre cage dont il est à la fois l’otage et le gardien ; mais jamais celle-ci ne pourra l’enfermer puisqu’il saura bientôt créer une autre cage. Lire la suite…

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Semnoz

SEMNOZ

 

Ennuagée d’écume,
la vague arrondie
enfle de verdure
au dessus d’Annecy.

Perçant les nues,
un mat relais*
annonce l’accostage
d’un mystérieux navire.

 

Guillaume Riou, poème rédigé en mai 2016.

* Antenne relais, station TDF de la Grande Jeanne.

 

Semnoz - Photo par Corinne RigaudeauLe Semnoz vu d’Annecy
Photographie par Corinne Rigaudeau depuis le 3ème étage de la médiathèque Bonlieu, le 4 mai 2017

 

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Épanouissement

ÉPANOUISSEMENT

à Jess,

La caresse du vent
tabise le drap de verdure.

Tu dors, sereine,
sous la course des nuages.

Le reflet noir de tes lunettes
me renvoie ce visage connu
que j’accepte enfin.

Je sais qui je suis
et le suis avec toi.

 

Guillaume Riou. Poème publié dans le recueil collectif  Un bout de chemin…, Ed. du Bord du Lot, 2011 et dans Les Citadelles, revue de poésie, n°22, Paris, 2017.

 

ÉpanouissementLa sieste – © Dominique Amendola, Huile sur toile

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Pêcher dans la Green river – Poème de Thomas Rain Crowe

PÊCHER DANS LA GREEN RIVER

Semblables à des jambes de géant
les tulipiers se dressent au cœur des bois.
Les fauvettes sifflent
au soleil levant.
L’eau acrobatique bondit
dans l’air lourd
jusqu’aux bassins à truites
plus bas. Lire la suite…

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Berger d’abeilles – Poème de François Fabié

Ce poème du XIXe siècle, signé François Fabié (1846-1928), nous parle d’un temps que les grands pollueurs que nous sommes ne peuvent plus connaître… .

Au fait : ça ressemblait à quoi une abeille ?

Berger d’abeilles

 

Le doux titre et l’emploi charmant :
Être, en juin, un berger d’abeilles,
Lorsque les prés sont des corbeilles
Et les champs des mers de froment ;

Quand les faucheurs sur les enclumes
Martèlent la faux au son clair,
Et que les oisillons dans l’air
Font bouffer leurs premières plumes !

Berger d’abeilles, je le fus,
A huit ans, la-bas, chez mon père,
Lorsque son vieux rucher prospère
Chantait sous ses poiriers touffus. Lire la suite…

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Automne – Poème extrait de « Dans l’ordonnance des saisons » de Guy Bornand

Septembre et le retour des bêtes,
à reculons,
le croc des chiens rivé à leurs jarrets.
L’étable chaulée,
une odeur de crésyl,
comme dans la chambre des morts.

L’école sentait bon
la craie neuve
et la maîtresse propre.
On avait écorcé les genoux des garçons,
jusqu’à pouvoir trouver
l’aubier d’avant l’été. Lire la suite…

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Souffle ton souffle – Poème de Raôul Duguay (Luôar Yaugud)

N’écoutant que son plaisir, le hippie québécois Raôul Duguay est, me semble t’il, le poète mystico-vocal le plus farfelu et sympathique jamais égalé.
Plus qu’un simple amusement, son approche théâtrale de la poésie et des jeux vocaux stimule une sorte « d’émotion collective » et le place, d’après moi, en pionnier des expérimentateurs de la poésie sonore.

La pauvreté littéraire de ses textes me paraît incontestable (peut-être est-elle volontaire ?). En revanche, ses recherches d’émotions sonores, de spontanéité du langage et de lyrisme vocal sont surprenants et – passé la surprise – entrainants.

Consommateur de LSD dans les années 1970-80, il exprime ses hallucinations et laisse libre cours à ses envies, comme à ses avis. Il fait vivre mots et sons avec ferveur. Et il s’autorise de véritables délires poétiques dans le cadre de L’infonie, créée en 1967 avec son acolyte Walter Boudreau.

L'infonie - Raoul Duguay

Souvent pris pour un fou, il s’avère que Duguay plaît au public, fait passer ses messages engagés et peut s’enorgueillir de son statut de poète populaire. Le crieur d’envol semble porter aux nues son peuple et son pays.
Il replace l’humain parmi les éléments naturels qui composent l’univers (de l’atome le plus petit jusqu’aux constellations les plus vastes) et rend régulièrement hommage à la Terre nourricière.
Plus concrètement, il milite aussi pour un avenir meilleur et une défense de la culture québécoise.

Sa simplicité et son énergie font de cet homme à part, touche-à-tout survolté, un poète très original. Méconnu en France, on devrait s’intéresser à sa part de merveilleux.

Je préfère, personnellement, ses shows poétiques de la période de contre-culture Infonie aux textes et chansons qu’il a écrit ultérieurement.
Voici le poème lu en ouverture de la Nuit de la Poésie de 1980 à Montréal, avec les « ô » chers à Duguay : Lire la suite…

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Je, tu, nous – Poème de Daniel Lévy

Je, tu, nous

J’aurais pu gagner

♦ le sweepstake ou le gros lot à la loterie nationale –

Tu aurais pu gagner

♦ la villa-témoin du dernier grand concours pour la protection de la nature, organisé par la Société POGNON & Cie ou un téléviseur multiforme avec écran de rechange incorporé –

Il ou Elle aurait pu gagner

♦ le billet aller-retour du prochain week-end sur la lune ou un autocollant géant représentant le Concorde atterrissant à New York – Lire la suite…

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Un roman dans mon jardin – Poème de Marie de Solms

Parfums et couleurs vives : le printemps, cycle de renaissance, règne sur nos paysages. C’est lors d’une période printanière similaire, en mai 1860, que Marie-Laetitia de Solms (1831-1902) écrit un poème intitulé « Un roman dans mon jardin ».

Princesse de Solms

Marie de Solms est une femme active et rebelle du XIXème siècle. Sa vie est jalonnée de drames : fuite perpétuelle due à son histoire familiale, déceptions amoureuses et mort de sa fille Lola qui se fait écraser à l’âge de trois ans par un omnibus d’hôtel dans une rue d’Aix-les-bains.

Femme d’arts et de lettres, elle crée plusieurs salons littéraires et philosophiques où se côtoient les grands écrivains : Eugène Sue, Ponson du Terrail, Alexandre Dumas,… . Lire la suite…

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