Treize novembre

TREIZE NOVEMBRE

 

Paris, cette nuit,
empeste le sang
des innocents criblés de métal
et des séides ceinturés d’horreur.

 

Guillaume Riou. Poème rédigé en novembre 2015 après les attentats de Paris.

Treize novembreAttentats de Paris – Dessin de Tommy Dessine

 

Partager
Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedintumblr

Palmyre – Vue par Paule Henry-Bordeaux en 1922

Extrait de « Sur la route de Palmyre » (livre édité en 1923), ce récit de Paule Henry-Bordeaux, voyageant alors dans une Syrie sous mandat français, est l’un des témoignages qui nous permet de garder des traces de ce patrimoine de l’humanité détruit au fil des siècles et récemment rasé par l’État Islamique.

Certains propos de l’auteure, empreints de supériorité patriotique, doivent être remis dans leur contexte historique de la France coloniale d’entre-deux-guerres.

 

Palmyre, 20 avril 1922.

[…] Au matin, nous descendons au camp d’aviation, en dehors de la ville. Le jour a peuplé les ruines et nous croisons des troupes d’enfants et de femmes.
Le Bréguet où je vais monter brille comme un bibelot de luxe. Encore quelques instants et j’aurai reçu le baptême de l’air, au cœur des sables, en plein désert. Pas l’ombre d’une émotion, sinon une curiosité que l’attente intensifie jusqu’au paroxysme. Je m’engouffre dans une vaste combinaison fourrée où je disparais, j’enfonce avec difficulté ma tête dans un casque de cuir, je m’applique sur les yeux une paire de solides lunettes. Je suis parée, en avant, et je me hisse avec peine dans la carlingue où le pilote est déjà installé. Le moteur, poussé à fond, rugit, formidable, et demandant grâce avec menace ! Les oreilles sont remplies d’un bourdonnement qui croît. — « Coupé, contact, coupé ! » L’avion a bougé, il bouge… Les mécaniciens retiennent encore les ailes, ils les lâchent.
Nous décollons. Sur le sable roux nous glissons de plus en plus vite, les ailes de l’hélice s’enfièvrent, l’air nous pique le visage. Le sol se dérobe. Nous conquérons le ciel. Nous montons. Le vent de la course et le vrombissement du moteur ouatent nos sensations et nous retranchent de la terre. Et voici que Palmyre apparaît dans sa gloire. Lire la suite…

Partager
Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedintumblr

Diagnostic – Poème anti-intégristes

DIAGNOSTIC

 

Le soleil brille par son absence ce matin.
Le temps regimbe,
las de galoper sur les braises humaines.

Sous un divin prétexte,
des vies subissent
les attaques pernicieuses d’un cénacle lefebvriste de Civitas.

Sous un divin prétexte,
des vies brûlent
dans les flammes d’une poignée de salafistes djihadistes.

Sous un divin prétexte,
des vies tremblent
au courroux d’un cercle de sionistes du Betar.

Des groupuscules religieux
fanatiques et déviants
crachent sur tous ceux qui ne leur ressemblent pas.

Monopole de leur foi !

Pureté de leur sang !

Établissement de leur théocratie !

Ils profanent, avilissent,
prêchent la censure et imposent leurs dogmes.

– Regain d’inquisition –

Extrémistes parano-haineux,
dégénérés assoiffés de justice divine,
ils concentrent ce que l’humanité a de plus faible et de plus meurtri,
de plus inconscient et de plus sombre.

Leur salut ne viendra ni du dieu vengeur qu’ils fantasment

ni de leurs divagations prophétiques,

mais au mieux :

d’une bonne intraveineuse de laïcité,

d’un comprimé de tolérance matin et soir,

d’un épais sirop de fraternité

et d’un profond lavement aux essences d’humanisme.

 

Guillaume Riou, décembre 2012.

Diagnostic

Partager
Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedintumblr
image_pdfimage_print