Banian de Madras – Poème de Jean Orizet

BANIAN DE MADRAS

 

À Madras, dans le parc de la Société théosophique, se dresse un banian : il est censé être le plus vieux du monde. Son immobilité n’est qu’apparente; siècle après siècle il se déplace en se multipliant selon un cycle végétatif qui s’exerce de bas en haut comme de haut en bas : les racines, jaillissant vers la lumière, deviennent troncs, branches, et celles-ci, redescendant vers le sol pour y pénétrer, s’y font racines à leur tour, lesquelles engendreront d’autres troncs, d’autres branches aussi. Des fûts se dressent, s’entrecroisent et l’arbre, doucement, forge sa propre cage dont il est à la fois l’otage et le gardien ; mais jamais celle-ci ne pourra l’enfermer puisqu’il saura bientôt créer une autre cage. Lire la suite…

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Chronos

CHRONOS

 

Assis sur une souche
tatouée de vécu,
je trempe mes pieds
dans l’ombre monumentale
que le massif déploie.

En une fraction de déclin,
son domaine s’étend
jusqu’au profond de mes pupilles.

Elle me saisit la chair,
s’incruste à l’ossature
de mes tourments.

Noyé dans le terne
silencieux et rafraîchissant,
je prends conscience
que ma vie n’est qu’un cycle
dans les cycles du temps.

 

Guillaume Riou. Poème écrit en 2012

 

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