Cat People (Putting Out Fire) – Chanson de David Bowie

Cat people - David BowieDavid Bowie, 2002 – Portrait par Masayoshi Sukita

 

CAT PEOPLE
(Putting Out Fire)

 

See these eyes so green
I can stare for a thousand years
Colder than the moon
It’s been so long

Feel my blood enraged
It’s just the fear of losing you
Don’t you know my name
Well, you been so long

And I’ve been putting out fire with gasoline

See these eyes so red
Red like jungle burning bright
Those who feel me near
Pull the blinds and change their minds
It’s been so long

Still this pulsing night
A plague I call a heartbeat
Just be still with me
Ya wouldn’t believe what I’ve been thru

You’ve been so long
Well it’s been so long
And I’ve been putting out the fire with gasoline
putting out the fire with gasoline

See these tears so blue
An ageless heart that can never mend
These tears can never dry
A judgement made can never bend

See these eyes so green
I can stare for a thousand years
Just be still with me
You wouldn’t believe what I’ve been thru

You’ve been so long
Well, it’s been so long
And I’ve been putting out fire with gasoline
putting out fire with gasoline

Been so long…

 

David Bowie (1947-2016), in l’album Let’s dance, EMI, 1983.

 


Musique du film Cat people (La Féline), 1982

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Eating poetry (Manger de la poésie) – Poème de Mark Strand

C’est avec ce poème, trouvé au hasard feuilleté d’un numéro de la revue Europe, que j’ai découvert le poète américain Mark Strand (1934-2014) et son œuvre.

Un poème réunissant la poésie, une bibliothèque et une bibliothécaire ne pouvait que retenir mon attention. Et il s’est avéré, en outre, aussi amusant qu’étrange.

 

EATING POETRY

 

Ink runs from the corners of my mouth.
There is no happiness like mine.
I have been eating poetry.

The librarian does not believe what she sees.
Her eyes are sad
and she walks with her hands in her dress.

The poems are gone.
The light is dim.
The dogs are on the basement stairs and coming up. Lire la suite…

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La mort du loup – Poème d’Alfred de Vigny

La mort du loup

I

Les nuages couraient sur la lune enflammée
Comme sur l’incendie on voit fuir la fumée,
Et les bois étaient noirs jusques à l’horizon.
Nous marchions sans parler, dans l’humide gazon,
Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,
Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes,
Nous avons aperçu les grands ongles marqués
Par les loups voyageurs que nous avions traqués.
Nous avons écouté, retenant notre haleine
Et le pas suspendu. – Ni le bois, ni la plaine
Ne poussait un soupir dans les airs ; Seulement
La girouette en deuil criait au firmament ;
Car le vent élevé bien au dessus des terres,
N’effleurait de ses pieds que les tours solitaires,
Et les chênes d’en-bas, contre les rocs penchés,
Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.
Rien ne bruissait donc, lorsque baissant la tête,
Le plus vieux des chasseurs qui s’étaient mis en quête
A regardé le sable en s’y couchant ; Bientôt,
Lui que jamais ici on ne vit en défaut,
A déclaré tout bas que ces marques récentes
Annonçaient la démarche et les griffes puissantes
De deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux.
Nous avons tous alors préparé nos couteaux,
Et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop blanches,
Nous allions pas à pas en écartant les branches.
Trois s’arrêtent, et moi, cherchant ce qu’ils voyaient,
J’aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient,
Et je vois au delà quatre formes légères
Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères,
Comme font chaque jour, à grand bruit sous nos yeux,
Quand le maître revient, les lévriers joyeux.
Leur forme était semblable et semblable la danse ;
Mais les enfants du loup se jouaient en silence,
Sachant bien qu’à deux pas, ne dormant qu’à demi,
Se couche dans ses murs l’homme, leur ennemi.
Le père était debout, et plus loin, contre un arbre,
Sa louve reposait comme celle de marbre
Qu’adorait les romains, et dont les flancs velus
Couvaient les demi-dieux Rémus et Romulus.
Le Loup vient et s’assied, les deux jambes dressées
Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.
Il s’est jugé perdu, puisqu’il était surpris,
Sa retraite coupée et tous ses chemins pris ;
Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,
Du chien le plus hardi la gorge pantelante
Et n’a pas desserré ses mâchoires de fer,
Malgré nos coups de feu qui traversaient sa chair
Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,
Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,
Jusqu’au dernier moment où le chien étranglé,
Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.
Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.
Les couteaux lui restaient au flanc jusqu’à la garde,
Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang ;
Nos fusils l’entouraient en sinistre croissant.
Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
Et, sans daigner savoir comment il a péri,
Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri. Lire la suite…

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La Bête innommable – Poème de René Char

LA BÊTE INNOMMABLE

 

La Bête innommable ferme la marche du gracieux troupeau, comme un cyclope bouffe.
Huit quolibets font sa parure, divisent sa folie. La Bête rote dévotement dans l’air rustique.
Ses flancs bourrés et tombants sont douloureux, vont se vider de leur grossesse.
De son sabot à ses vaines défenses, elle est enveloppée de fétidité.
Ainsi m’apparait dans la frise de Lascaux, mère fantastiquement déguisée,
La Sagesse aux yeux pleins de larmes. Lire la suite…

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La grenouille, le crapaud et le sanglier – Fable de Mr Flirt

sanglier - Boar Head

Une grenouille pleine de charme
De caractère et de qualités,
Vivait depuis peu avec un gentil sanglier ;
Mais secrètement son cœur versait des larmes.

La mignonne, déçue par l’amour et ses torts,
S’était rapprochée du pourceau amoureux
Et ce dernier bien chanceux
Avait, ce qui ne gâchait rien, une bauge vaste et de tout confort. Lire la suite…

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Bocal

planet-earth

BOCAL

 

Poissons… nous sommes
dans cette planète aquarium,
et nous tournons, nous tournons…

Voilà déjà trente ans que je fais des bulles
dans l’eau croupie de nos scrupules,
où nous tournons, nous tournons…


Guillaume Riou
. Poème rédigé en 2007 et enregistré sur le CD « Souffleurs de vers » (FBI Prod. 2010).

bocal-surpeuple

Bocal – Lu par l’auteur – Poème extrait du CD « Souffleurs de vers »

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